Agenda de Je lis dans ma commune Le Soir

Coin des auteurs

Peter Elliott

Interviewé par La Sabam

 

Peter Elliott COMMENT ES-TU ARRIVÉ SUR LE SENTIER DE L’ÉCRITURE ?
L’illustration pour moi relève exclusivement du rapport entre texte et image.
C’est donc tout naturellement qu’à un moment le glissement s’est fait. A force de mettre des images sur les textes et les univers des autres, j’ai fini par me mettre à écrire moi même et à développer mes propres univers. Ce qui ne m’empêche pas de vouloir encore partager la paternité de mes livres. Jamais je n’aurais pu écrire un texte tel que celui que l’on peut lire dans Les histoires de l’Oncle Tatoo.


QUEL EST DONC CE NOUVEAU LIVRE SORTI DANS LA COLLECTION PASTEL DE L’ECOLE DES LOISIRS?
Après avoir enchaîné six albums des Chouettes histoires de Ringo, Nénette et Napoléon, que j’ai fait seul comme auteur et illustrateur, j’ai eu envie de retourner vers mon ami Rascal avec qui j’ai eu la chance de collaborer sur l’album Poussin Noir, devenu depuis un hit international ! Nous avions travaillé sur le thème du tatouage dans nos BD Etoile qui comptait Horace parmi les personnages, un homme tatoué de la tête aux pieds. Pour des raisons trop longues à expliquer ici, nous avons eu envie d’explorer ce thème sous un autre angle et c’est ainsi que Rascal m’a alors proposé cette série d’histoires narrées par l’Oncle Tatoo. L’Oncle Tatoo décrit ses tatouages à ses trois nièces La, Lala et Lalala. Tour à tour, on passe de leur univers à celui des histoires qu’il leur raconte. J’ai beaucoup travaillé sur ordinateur ces dernières années, pour ma couleur entre autre, et c’était l’occasion de retourner à mes anciens amours, un dessin plus dans la tradition de l’illustration jeunesse, prêt à me salir les doigts avec mes aquarelles et mes crayons de couleur. Le principe de l’histoire se prêtant bien aussi au bidouillage informatique, j’ai néanmoins choisi de travailler les images du monde réel de l’Oncle Tatoo sur la machine en incrustant mes personnages dessinés dans des décors photographiés. C’est comme ça que ces personnages se retrouvent à habiter chez moi et à vivre dans mes meubles!

COMMENT PRÉSENTERAIS-TU TON LIVRE?
Il s’agit d’une nouvelle collaboration avec RASCAL, un des auteurs jeunesse les plus remarquables actuellement. Nous nouons une collaboration que je qualifie de ‘naturelle’. C’est de notre union qu’est née la BD Etoile dont j’ai pu lire: “c’est étonnant, on ne pourrait pas dire que cet ouvrage est le fruit de deux cerveaux distincts!”. Bel hommage n’est-ce pas?
Et puis, c’est un nouveau plaisir pour moi de pouvoir explorer de nouvelles façons de créer des images. Le mélange photographies/illustrations ouvrant de nouvelles perspectives à mes envies créatives.


QUELLE EST SA GENÈSE ?
L’envie de travailler à nouveau avec Rascal et le besoin d’aller chercher de nouvelles façons de produire des images, toujours avec comme seule référence, le texte qui m’est proposé à illustrer.

COMMENT ACCUEILLES-TU L’INITIATIVE DE LA SABAM À PROPOS DU MERCREDI DU LIVRE ?
La littérature jeunesse et l’illustration qui en est indissociable n’est pas la forme de littérature la plus souvent mise en valeur.
Toute initiative qui peut amener à découvrir cette forme littéraire (parmi toutes les autres) est la bienvenue à mon sens.

Peter Elliott "Les histoires de l’Oncle Tatoo"
Auteur : RASCAL
Illustrateur : Peter ELLIOTT

Editeur : Ecole des Loisirs
Coll.: Pastel
Prix : 12 euros

 



 

Boris Nicaise : dentiste de formation, poète par déformation

Interviewé par la Sabam

 

Boris Nicaise : dentiste de formation, poète par déformation QUI EST BORIS NICAISE?
Le premier qui le dit, c’est lui qui l’est ! Miroir ô miroir… Le miroir, c’est les autres. Le miroir, c’est la page qui arrête d’être blanche, dès qu’on se penche dessus. Si je savais qui est Boris Nicaise, il n’y aurait plus rien à écrire, ni par lui, ni par qui que ce soit.
Pour le passé, c’est facile : « jouette » est un qualificatif qui revient dans bien des bulletins et journaux de classe. Premier quart de siècle : après les legos et le rugby, il y eut le scoutisme et le tennis, et enfin (oui, ENFIN !) la poésie et l’univ. Pas de quoi fouetter un tigre.
Devenu dentiste par formation, poète par déformation, la parole s’ancre au coeur de la démarche de Boris Nicaise, qu’elle soit donnée au patient, ou écrite pour qui l’est moins.
La suite n’est toujours pas écrite, bien qu’un autre quart de siècle se soit écoulé.

LE SENTIER DE L’ÉCRITURE ?
Précisément, on arrive souvent sur les sentiers après avoir essayé les autoroutes: université, carrière, faux-amis, sans rancune ni rancœur.
La poésie parce que c’est une voie difficile, personnelle, qui n’intéresse que ceux qui cherchent aussi, si nombreux sans toujours bien l’intégrer.
La poésie fut la première voie explorée, dès les études dites secondaires, avec des publications en revues vendues sous le manteau (ou presque).
Boris est heureux d’avoir démarré dans le monde de l’introspection et du voyeurisme littéraires par cette porte, la jugeant avec le recul (et une vision devenant altérée) comme un excellent apprentissage pour dompter les mots dans la jungle des circonvolutions cérébrales.
La poésie permet d’exprimer librement, entre masque et exhibitionnisme, les expériences de vie que l’auteur juge intéressantes d’offrir aux autres, dans l’espoir que le lecteur y trouve un partage de vie, une explication ou, mieux, une envie d’aller plus loin.

QUEL EST SON PARCOURS D’AUTEUR ?
La prise des chemins de traverse conduisit à un ré¬cit hybride : « Le Voyage du Saumon », à mi-chemin entre prose et poésie.
Puis les genres se sont en apparence séparés, diver¬sifiés : un recueil « Mardi-Gras » lié au carnaval de Binche fut suivi d’un essai intitulé « Ode à la Barbe », et d’une biographie historique titrée « Le Médaillé de Sainte-Hélène ».

COMMENT PRÉSENTERAIS-JE CE DERNIER LIVRE ?
“Le Médaillé de Sainte-Hélène” est l’histoire authen¬tique, reconstituée après dix ans de recherches dans les Archives belges et françaises, espagnoles et por¬tugaises, anglaises et familiales, du parcours d’un conscrit napoléonien belge, de l’an 13 à 1815. Cet oeuvre relate la vie entière d’un humble, depuis la fin de l’Ancien Régime jusqu’aux lendemains du décès de Léopold Ier, avec au coeur de l’action ses Campagnes Napoléoniennes en Espagne et au Portugal, en France et en Belgique. Songez que ce gaillard a vécu 82 ans, après avoir reçu un coup de sabre à la tête et incarné les premiers shrapnels jamais utilisés, réceptionné une balle dans le bras et une baïonnette dans la cuisse, et j’en passe. A l’heure où on trouve héroïques nos compatriotes se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle, apprenons qu’il fit plusieurs fois le trajet aller-retour, souvent sans chaussures, vrai¬ment… à pied !
Une histoire extraordinaire, répétée des centaines de milliers de fois, à l’époque. Et c’est là tout l’intérêt de cette lecture : mesurer la vie de ceux dont nous portons aujourd’hui le sang.

QUELLE EST SA GÉNÈSE ?
Au premier jour, il y eut… la généalogie, dont les re¬cherches permirent de découvrir quelques « intéres¬sants inconnus », hommes et femmes pour lesquels des documents font ressentir un vécu transmissible. Parmi eux, un conscrit napoléonien, devenu officier d’un régiment qu’il ne quitta que lorsque Napoléon
abdiqua pour la seconde fois : un fidèle parmi les fidèles, grenadier de surcroît !
L’énorme travail de recherche, suivi par deux ans d’écriture, fut l’occasion de nom¬breuses rencontres, en vrai comme sur le net, en Belgique puis dans toute l’Europe, puisque Boris Nicaise voulut découvrir (toujours à pied, …évidemment !) les lieux de campagnes, de bivouacs et de combats, vécus par le grognard.

COMMENT ACCUEILLEZ-VOUS L’INITIATIVE DE LA SABAM À PROPOS DU MERCREDI DU LIVRE ?
Les Mercredi du Livre de la SABAM sont une idée géniale, généreuse, et gé… je ne trouve plus de superlatif valable, tellement je trouve que c’est chouette ! En notre époque de morosité galopante, c’est formidable d’oeuvrer à mettre en avant le dynamisme que les auteurs ont au coeur et aux tripes. Je suis heureux de cette présentation de nos tentatives de mises au monde. Nos commu¬nautés explosent de créateurs et l’exercice de leurs libertés trouve son expression de façon aussi fantasque que réfléchie. Notre vraie richesse est là ! Valoriser tout ce travail, toute cette beauté, est superbe !

Boris Nicaise : dentiste de formation, poète par déformation Biographie
_________________________
"Le Médaillé de Sainte-Hélène"
Boris NICAISE
Editeur : Bernard Gilson
350 pages
24 euros

 



 

Michel Cornélis joue au travers des mots

Interviewé par la Sabam

 

Michel Cornélis joue au travers des mots Qui est Michel Cornélis ?
Michel, 44 ans, barbe poivre et sel, yeux bruns cerclés de métal, est né et a grandi à Uccle. Son enfance est bercée par la douceur de vivre de cette agréable banlieue bruxelloise, entre les bois, les rivières et les champs où il passe le plus clair de son temps. Sa scolarité se déroule sans encombre et il se découvre une passion pour les mathématiques... et le français. Gradué en comptabilité de l’EPHEC, il suit les cours du soir à l'Institut de Commerce Saint-Louis à Bruxelles et obtient une licence commerciale et financière, avant de décrocher une maîtrise en management public à l'Ecole de commerce Solvay. Marié, père de trois enfants, Michel vit, aujourd’hui, à La Hulpe, en Brabant wallon. Sa carrière professionnelle est déjà bien remplie : conseiller ministériel, haut cadre chez Belgacom, consultant en management public, professeur à la Haute Ecole Francisco Ferrer, il est aujourd’hui receveur communal dans sa belle commune. Il a un besoin vital du contact avec la nature. Les arbres, les champs, les rivières, les saisons et les lieux l’inspirent, le ressourcent, l’apaisent et le font vibrer. C’est d’ailleurs à Neufchâteau, au cœur de l’Ardenne mystérieuse, qu’il élit domicile pour répondre à sa passion de l’écriture. C’est là, en pleine nature, qu’il quitte son quotidien et les chiffres. Assis à la table en chêne d’une maison familiale, il laisse son esprit vagabonder et ses doigts glisser sur le clavier… En mai 2008, il fonde l’ASBL « Plumes croisées – Dialogue interculturel » avec son ami Mohammed Belmaïzi. Depuis lors, ce sont plus de 20 auteurs qui ont été invités à présenter leurs livres à La Hulpe. Tous ont en commun des textes qui parlent de la rencontre avec d’autres cultures… car l’idée qui anime l’association est que les textes, et les mots eux-mêmes, sont les instruments qui permettent de cerner les contours de l’interculturalité, c’est-à-dire, de l’art de vivre ensemble !

Quel est ton parcours d’auteur ?
Mon parcours débute réellement en 2002. Je prends alors une année sabbatique pour rejoindre ma femme et mes enfants à Luxembourg. Je profite de ces moments de liberté pour écrire Le Conte du Jeu de l’Oie. Ce conte philosophique, qui se passe en Provence, est en lui-même tout un symbole, car il représente le jeu de l’oie : composé de 63 pages, comme les 63 cases du labyrinthe, chaque chapitre est une étape importante du jeu. Le livre est publié en 63 exemplaires à Noël 2002. Il se termine sur une porte ouverte… et j’ai mis du temps avant de la franchir et de reprendre la plume. J’avais envie d’écrire la suite, mais… on n’a pas toujours le temps… C’est le décès soudain d’un ami, il y a quatre ans, qui m’a relancé sur les chemins de l’écriture. J’ai pris conscience de la fragilité de l’existence et je me suis dit qu’à 40 ans, c’était le moment pour moi de laisser un premier héritage de ce qui me semblait essentiel. Je me suis donc remis à l’écriture, partant du Conte du Jeu de l’Oie que j’ai transformé et relocalisé en Ardenne, et continué l’histoire en m’inspirant cette fois de deux autres jeux très symboliques : l’échiquier et le jeu de la marelle. En mai 2010, mon premier roman, Etranges jeux de vie, est publié chez l’Harmattan, à Paris. Les activités de mon ASBL Plumes croisées m’amènent, également, à diriger, avec mon ami Belmaïzi, la rédaction d’un ouvrage collectif intitulé L’Interculturel dynamique, publié en octobre 2010 chez E.M.E. Editions, à Fernelmont. Je participe également à l’écriture de cet essai par la publication de La fable du chien, du chat et de l’apothicaire, qui est ma vision des relations interculturelles entre Wallons et Flamands. Aujourd’hui, j’ai deux nouveaux projets d’écriture en chantier… Mais ça, c’est une autre histoire !

Comment présenterais-tu ton livre ?
Etranges jeux de vie est un étrange roman ! Il est composé de trois parties et débute par l’histoire de Paul, un juge allant sur la cinquantaine après une vie professionnelle bien remplie. Une grande maison, une belle voiture, une honnête collection d’oeuvres d’art, Paul serait comblé s’il ne lui manquait pas l’essentiel : l’amour. Un matin, alors qu’il se promène du côté du Sablon, une femme étrange lui offre un jeu de l’oie. A ce moment, sa vie bascule et il passe de l’autre côté du miroir, projeté dans un monde onirique. Telle est la première histoire de ce livre. La seconde nous emmène au château du Pont d’Oye où Lucie vit avec son banquier de mari, plus préoccupé par ses affaires que par sa famille. Mis "échec et mat" par son meilleur ami, il se recentrera sur l’essentiel, grâce à l’amour de sa femme, Lucie. Enfin, la dernière histoire, fait jouer à Paul et Lucie adolescents, un bien étrange "jeu de marelle". Elle réunit, explique et couronne les deux premières. Sur le fond, les trois histoires du roman forment un tout : une ode à la vie, à l’amour et à la liberté. Etranges jeux de vie est un conte, dans le plus pur sens du terme. Il ne faut pas chercher à comprendre cette histoire, ou plutôt, il ne faut pas chercher à la comprendre avec l’esprit rationnel et discursif du quotidien. Ce texte vous livre plutôt un ensemble de tableaux surréalistes et symboliques qui en réalité nous mène sur un chemin initiatique. C’est donc à la rencontre de l’Univers et de nous-même que nous sommes invités à marcher, par le truchement de la pensée symbolique et analogique.

Michel Cornélis joue au travers des mots Roman
________________________________
"Etranges jeux de vie"
Michel CORNELIS
Editeur : L'Harmattan
194 pages
18 euros

 



 

Jean-Baptiste Baronian, un écrivain de talent

Jean-Baptiste Baronian, un écrivain de talent A 69 ans, l’écrivain belge vient de recevoir le Prix de littérature 2011 pour sa biographie « Rimbaud ». Le prix littéraire était destiné cette année à récompenser l'auteur d'un essai ou d'une biographie de qualité littéraire.

Essayiste, nouvelliste et auteur de nombreux romans policiers, Jean-Baptiste Baronian est un écrivain belge connu et reconnu. Qu’il écrive par passion pour les mots comme pour la biographie de Rimbaud ou pour le plaisir de jouer avec eux et de relever le défi d’une commande, hors de chacune de ses productions transparaît le professionnalisme.

Pour son dernier roman, paru aux éditions Luc Pire, il a du travailler sous la contrainte et dans l’urgence. Des conditions a priori peu propices à une production littéraire. On imagine souvent l’écrivain professionnel retiré dans un coin de campagne avec pour compagnon ses idées, la fantaisie, et la liberté d’écrire. Pourtant, Jean-Baptiste Baronian, lui, aime les contraintes propres à la commande. « J’ai écrit des vingtaines de romans, je connais le principe et le style ; c’est mon métier après tout », explique l’écrivain. Son dernier roman policier, « Meurtre à Waterloo » en est un exemple flagrant. Les désidératas de l’éditeur étaient simples mais précis : un roman de 144 pages pouvant s’intégrer dans la collection « Kill and read », romans rédigés par des auteurs belges et dont les intrigues ont pour décor des villes, des sites ou lieux dits de Belgique. « Le choix de la ville de Waterloo s’est imposé assez rapidement. » confie Jean-Baptiste Baronian. Dans les premiers à avoir été contacté pour la mise en route de la rédaction d’un de ces romans de gare, il avait donc l’embarras du choix pour le lieu de son intrigue. Et quoi de plus touristique en Belgique pour le monde entier que Waterloo et sa butte du lion ? « La bataille de Waterloo s’étant déroulée en 1815, on peut espérer que mon livre restera en librairie jusqu’en 2015 ! ».
Un court roman policier de 144 pages, ce qui n’a pas empêché l’écrivain d’effectuer de véritables recherches et un repérage très précis des lieux. Le roman regorge de références historiques : Napoléon, sa vie, la Bataille. « C’est géographiquement très précis et c’est volontaire » nous dit-il. Des noms de rue réels, des lieux décrits avec précision, des restaurants, une librairie… Tellement précis qu’au fil des pages, le lecteur pourrait se situer dans la ville, se mettre dans la peau du détective et revivre l’enquête.

Jean-Baptiste Baronian, un écrivain de talent Résumé :
L’histoire se déroule à Waterloo. Frédéric Fontaine, ancien avocat rayé du barreau, décide de se recycler et de devenir détective privé. Sa première enquête est celle du mystérieux meurtre du père de Géraldine Maheux retrouvé mort dans le Panorama de la bataille de Waterloo. L’enquête de police patauge. Le détective, nouveau dans le métier et plutôt maladroit, est sans cesse baladé entre les différents membres du Cercle belge des amis de Napoléon, anciens confrères du défunt. Affaire à suivre !

"Meurtre à Waterloo"
Jean-Baptiste BARONIAN
Coll. Romans de gare / Kill and read
Editeur : Editions Luc Pire
144 pages
10 euros

 



 

Isabelle Bary. Rencontre.

Isabelle Bary. Rencontre. Isabelle Bary est une passionnée des mots. « Depuis toute petite », confie-t-elle, « j’ai trois passions : les chevaux, le choco et les livres. Et c’est toujours le cas aujourd’hui ! ».

Plutôt bonne élève, ses parents décident de l’orienter vers des études d’ingénieur commercial plutôt que de l’encourager à l’écriture. Elle entre dans le monde des affaires plutôt malgré elle et travaille pendant trois ans dans le secteur de la publicité comme account manager. Ce cadre de vie ne lui ressemble pas vraiment et pourtant elle ne regrette aucun choix. Ces études lui ont procuré une belle ouverture d’esprit et lui ont ouvert des portes qu’elle n’aurait pas forcément poussées. Ses rêves d’écritures sont alors enfouis au loin, emportés par le train de vie effréné d’une femme d’affaires. « Chassez le naturel, il revient au galop » dit le dicton. En 1994, au cours d’un grand tour du monde en sac à dos réalisé avec son mari, Isabelle Bary couche ses impressions, ses sentiments et ses découvertes dans des carnets de route achetés sur place qu’elle griffonne au fil de son voyage. De retour en Belgique, elle les range précautionneusement dans une petite armoire, et son envie d’écrire avec eux. Alors qu’elle est enceinte de son fils, le naturel reprend une nouvelle fois le dessus... Isabelle Bary prend conscience que le rôle de maman n’est pas compatible avec un job dans l’événementiel. Elle se replonge alors dans ses carnets de route rédigés dix ans auparavant. Elle les retravaille et rédige un magnifique roman basé sur ce périple. Son premier roman « Globe Story » est publié en 2005. « Globe Story est un subtil arrêt, une pause, la remise en question d’une jeune Occidentale perdue dans la course effrénée des fausses urgences. » Cette première publication est une réussite. Plus qu’une évidence, l’écriture devient alors son métier.

Un roman de gare ?
Nouveau challenge pour la femme d’affaires. Ecrire un roman de gare. « Au départ, j’étais vraiment réticente. Les romans de gare ont plutôt mauvaise réputation, et ça ne correspondait pas a priori à mon style d’écriture » confie Isabelle Bary. « J’aime les romans longs, qui permettent d’aller au fond des choses avec une jolie plume enlevée. Ecrire un roman de gare me faisait un peu peur. Mais il n’y avait que trois contraintes pour la rédaction de ce roman: une limite de 144 pages, un délai de deux mois pour l’écrire et une intrigue devant se dérouler dans une ville belge. A part cela, j’avais carte blanche pour tout le reste. Je me suis prêtée au jeu et j’y ai pris beaucoup de plaisir! » L’héroïne de « Braine Blues » est une animatrice radio, spécialisée dans la politique, qui va se retrouver bloquée dans un train au milieu de nulle part. Dans ce huis-clos, elle découvre des personnalités insoupçonnées et est amenée à revoir ses a priori sur ces personnes qu’elle avait jugées quelques minutes plus tôt. Les apparences sont parfois trompeuses et, au moyen de ce roman, Isabelle Bary nous propose de les ébranler. « Je voulais apporter un peu de légèreté à quelqu’un qui au départ ne l’est pas », dit-elle a propos de son héroïne. « Malgré ce ton léger, il y a quand même un message en filigrane que je cherche à transmettre : aller à travers les clichés et les balayer ».

Son truc, depuis toujours, c’est de rêver des romans. Depuis 2005, elle les écrit, ne s’arrête plus d’en écrire et c’est tant mieux pour nous.

« Braine Blues »
Un roman de gare, par définition, doit pouvoir se lire en un aller-retour en train. C’est assez vrai, et dans le cas de « Braine Blues » c’est plutôt frustrant… L’histoire est prenante et les personnages attachants. On aimerait pouvoir faire un petit bout de chemin supplémentaire avec eux, quitte à louper notre arrêt !

Isabelle Bary. Rencontre. Roman
____________________
"Braine Blues"
Isabelle BARY
Editeur : Editions Luc Pire
144 pages
10 euros

 



 

Claude Raucy. Un homme passionné et... passionnant

Par Marianne Delcord. Département Communication @ Sabam

 

Claude Raucy. Un homme passionné et... passionnant La littérature pour adolescents, la poésie, le théâtre, les nouvelles…, Claude Raucy, ce touche-à-tout de génie, a tâté de chacune de ces disciplines, et toujours avec bonheur.

Souvenez-vous, vous qui aimez la collection Signe de Piste, vous avez sûrement lu Le doigt tendu, repris également chez Memor qui, dans sa collection Couleurs, a aussi publié Fous pas le camp, Nicolas et Les mirabelles auront des ailes? Là, ce sont bien là des récits pour adolescents, faits pour partager leurs différences, faits pour les aider à comprendre le monde et à comprendre qu’en partageant, on trouve la vie (c’est là le credo de cette collection). Mais Claude Raucy, qui connaît bien les «ados» puisqu’il a travaillé durant de nombreuses années dans l’enseignement, a également écrit des poèmes (comme Séquences en 1978, Pommes sures, en 1979, La Sorgue, en 1985, Pour la reine des prés, 1993 - tous ouvrages parus à La Dryade à Virton). De même, on trouve sous sa plume des nouvelles (par exemple, Les grandes marguerites, 1971, Le rase-mottes, 1972, Le compagnon rouge, 1976 – également parus à La Dryade, à Virton, et Ne pas se pencher dehors, chez Luce Wilquin), des romans (Cocomero chez Duculot en 1983, Un cocker en or, en collaboration avec Christian Libens, paru en 1996 aux éditions La Dérive et qui va être republié chez Memor, les deux premiers tomes de la trilogie Lorenzo, chez Luce Wilquin… et il en a plusieurs en préparation comme Le garçon du Wannsee et un roman policier Morts-sur-Semois), des essais (sur Georges Linze, sur Ernest Bernardy, sur Georges Bouillon…), et même des chansons et des chants religieux! Mais Claude Raucy est aussi homme de théâtre: il a tâté des planches comme comédien et metteur en scène, et bien sûr comme auteur! On lui doit entre autres D’azur au chien courant d’argent, mais aussi une adaptation des deux premiers volumes de la série «Toine Culot», intitulée Signé Toine Culot, qui va être jouée cet automne en provinces de Luxembourg et Namur par le Théâtre Mirabelle. Autre troupe, autre pièce, une pièce comique cette fois, inspirée par la fuite de Louis XVI à Varennes. Par ailleurs, un comédien d’Arlon lui a commandé un one man show!
Vous pensez sans doute que nous avons fait le tour des activités de Claude Raucy ? Que nenni! Car notre homme, polyglotte éclectique (j’aime m’adresser aux gens dans leur langue, m’a-t-il dit), s’est livré à plusieurs exercices de version, traduisant des contes et des romans allemands, anglais et américains!
Je vous l’avais dit : Claude Raucy est un homme passionnant et passionné…par bien des aspects de la littérature de notre temps!

© Athénée Royal de Chimay

 



 

Nicole Versailles

Interviewée par la Sabam

 

Nicole Versailles QUI EST-ELLE ?
De nature discrète, elle s’est cependant distinguée dans sa licence en philologie romane. Nicole fait ses armes. Elle a enseigné quelques années, puis la famille est devenue prioritaire, car nombreuse et donc omniprésente…
Un mari, cinq enfants. Un fils et quatre filles dont la dernière déposée dans ses bras par une cigogne à l’âge de quatre mois. Nicole observe et emmagasine les tranches de vie. Puis sont arrivés les petits enfants, pleins de vie et de bêtises… il y en a six, bientôt sept. Cela fait de l’amour plein les bras ! Les gens et leur histoire l’ont toujours passionnée. Dès lors elle s’est intéressée à diverses approches humaines : formation à l'écoute, à l'accompagnement des malades, et même des mourants, programmation Neurolinguistique, Analyse Transactionnelle, Morphopsychologie. Nicole ouvre son cœur et son esprit sur le monde. Dix années de bénévolat au Roseau, maison d’accueil pour les familles de malades hospitalisés à Saint Luc (Bruxelles). Nicole apprend l’italien, écoute et recueille mille bouts de destin, sur des morceaux de papier disséminés un peu partout, dans son sac, dans ses tiroirs, dans des cahiers achetés neufs et très vite remplis. Un jour de 2002, audace : elle lance une bouteille à la mer. Miracle ! Deux textes à coloration érotique sont retenus pour faire partie de la petite Anthologie de textes érotiques contemporains éditée par le CEPAL (Centre Européen pour la Promotion des Arts et des Lettres). Et c’est ainsi que l’aventure de l’écriture a commencé pour elle. En même temps, dans son envie de communiquer son enthousiasme pour les mots à d’autres, elle fait la formation à l’animation aux ateliers d’écriture et est acceptée dans le Réseau Kalame de la Communauté française. Animer des ateliers d’écriture elle adore ça. Et écrire aussi bien sûr…

SON PARCOURS D’AUTEUR?
En 2003, elle décide de tenter sa chance en participant au concours de nouvelles de la Fureur de Lire. Elle connaît peu de choses encore à la nouvelle, mais elle sait qu’elle aime écrire et qu’elle aime écrire des histoires courtes. Bingo ! Elle est laurée et depuis, chaque fois remarquée par les présidents du jury de la Fureur. Et le mouvement s’enclenche… D’autres prix suivront. En mars 2008, paraît « Tout d’un blog », aux Editions Couleur livres, témoignage en même temps qu’essai sur cette écriture au quasi quotidien sur le blog, écriture qu’elle connaît bien maintenant et dont elle relève les richesses, aussi bien que les chemins sans issue. En avril 2008, « L’enfant à l’endroit, l’enfant à l’envers », aux Editions Traces de vie. C’est un récit de vie, issu de sa participation aux Tables d’écriture animées par Annemarie Trekker. C’est le récit d’une petite fille qui s’adresse à sa grand-mère morte bien avant sa naissance, alors qu’une étrange connivence semble les lier. En octobre 2010, « Les dessous de tables », recueil de nouvelles, aux éditions Memory Press. De plus, deux participations à des recueils collectifs : « Le Maître es cartaches », récit, (in Jeux et Enjeux d’enfance, éditions Traces de Vie, 2009) et « Je blogue, donc je dis(simule ) » (in l’essai collectif Ecritures de l’intime, éditions Traces de vie, 2011). Et donc, depuis octobre 2004, un blog littéraire “Petites Paroles de Coumarine” http://coumarine.blogspot.com). Deux billets par semaine, qui abordent tous les sujets du quotidien, ceux qui émeuvent ou font rire, qui font réfléchir aussi, le plus souvent. Ou alors des billets pour rien, pour le simple plaisir d’écrire et de partager : les réactions sont immédiates, c’est magique !

PRÉSENTATION DU LIVRE. SA GENÈSE
« Les dessous de tables est un recueil de 18 nouvelles qui toutes ont quelque chose à voir avec le repas, que ce soit la fête autour d’une table, les réunions de famille ou un repas solitaire. Entre les deux, toutes les variantes possibles... Alors bien sûr à côté de ce qui se voit (se dit, s’entend, se comprend), je m’attache à imaginer ce qui ne se dit pas, se devine à peine, reste dans le secret, la mesquinerie, les sentiments amers et bien cachés, mais qui, à la faveur d’une poussière venue enrayer l’engrenage, fait tout exploser, et pas forcément dans le bon sens. Comédie de la vie qui trop souvent vire à la tragédie… » Pourquoi ce thème des tables ? « C’est parti un peu au hasard, confie Nicole Versailles, à partir de deux ou trois nouvelles que j’avais écrites. Quand j’ai réalisé qu’elles se passaient autour d’une table, j’ai continué sur ma lancée, cherchant d’autres tables, d’autres événements autour d’une table, de toutes les façons possibles (et je suis loin de les avoir toutes épuisées). Le défi m’a plu et au fil des nouvelles j’en ai ajouté un autre : la rose rouge qui bien des fois se trouve placée en évidence au milieu d’une table de fête, et dont j’ai fait mon fil rouge. La rose rouge se retrouve dans dix de mes nouvelles au moins… Rouge comme la passion qui anime les êtres humains, passion qui peut être violente et destructrice, hélas ! Ce qui a donné l’idée au graphiste de l’éditeur de Memory Press d’exploiter la rose dans son petit vase, cristallin sur le dessus de la table, cassé en dessous, avec la fleur fanée, peut-être piétinée… Le thème de l’apparence et de la réalité qui se cache derrière, doit être récurrent chez moi : mon récit autobiographique sur mon enfance s’intitule L’enfant à l’endroit, l’enfant à l’envers. »

Nicole Versailles Nouvelles
___________________
"Les dessous de table"
Nicole VERSAILLES
Editeur : Memory Press
Prix : 14 euros

 



 

Ecrire et rêver d’être un autre

Entretien avec Vincent Engel

 

Ecrire et rêver d’être un autre Professeur à l’Hiecs et à l’UCL, Vincent Engel ne se contente pas d’enseigner l’histoire de la littérature à ses élèves, il s’y inscrit lui-même. Depuis sa petite enfance, il s’adonne à l’écriture et très vite il se passionne pour les mots. Bien plus qu'une passion aujourd'hui, cet ucclois de 48 ans en a fait son métier.

"Ce qui m’a poussé à écrire, confie-t-il, c’est cette insatisfaction qu’on peut tous ressentir face à notre existence; même si je n’ai aucune raison de me plaindre, que du contraire. Déjà vers cinq ans je passais des journées entières à m’imaginer des aventures, d’autres vies, un autre moi qui correspondait mieux à ce que je voulais être. Je passais des journées entières à rêver, à m’inventer des histoires et petit à petit, j’ai commencé à essayer de les écrire”. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il ne s’est pas arrêté depuis.

Souvent présenté comme un romancier “aux multiples facettes”, Vincent Engel a multiplié les styles d’écritures au fil de son parcours. Romans, nouvelles, scenarii, pièces de théâtre, essais et chroniques littéraires... des ouvrages alliant toujours plaisir et réflexion, à l’instar de sa vie de professeur et de romancier. “La littérature doit divertir, précise l’auteur, c’est-à-dire distraire les gens de leur quotidien et les emmener ailleurs. Cette part de plaisir est très importante, mais il y a aussi une part de réflexion. Et je pense qu’il faut d’abord procurer du plaisir et puis faire réfléchir”.

Vincent Engel ne prétend pas éduquer ses lecteurs et encore moins leur dicter une manière de penser, mais tente néanmoins de remettre en question notre conception du réel. “Les choses ne sont pas toujours aussi évidentes qu’on le croît”, nous dit-il. Il présente le réel comme un objet insaisissable et très hostile. “Nous passons notre temps à essayer de construire des vérités sur un réel qui nous échappe, à bâtir des récits, à organiser le chaos du réel et à transmettre à d’autres des expériences qu’ils n’ont pas vécues”. Le professeur prend le pas sur le romancier et pour illustrer ses propos, Vincent Engel propose l’exemple de quatre personnes vivant un seul et même événement. Les expériences propres à chacun d’entre eux, une fois relatées, donnent l’impression à l’extrême qu’ils ont vécu quatre événements bien distincts. “Les expériences sont relatives, explique-t-il. La réalité est vécue dans l’immédiat, dans l’instant. Et l’immédiat signifie également l’absence de médiation et de discours. Dès que l’on veut parler d’une réalité, on est automatiquement en dehors de cette réalité; après la réalité dont on parle”.

La réflexion et les mots sont au cœur du quotidien de Vincent Engel. Il a énormément de projets en cours, “je travaille actuellement sur plusieurs projets de romans, confie-t-il, et aussi sur une collaboration avec Franco Dragone qui est de plus en plus passionnante”. De quoi laisser présager pas mal de nouveautés pour les mois à venir, même si l’écrivain reste très prudent sur ses parutions futures: “Dans le domaine artistique, entre ce que l’on veut faire, ce que l’on croit faire et ce que l’on fait, il y a souvent des variations. Mais l’envie est toujours là, ça c’est sûr”.

 



 

Homme de radio, homme de scène et surtout, homme de lettres !

Jacques Mercier interviewé par la SABAM

 

Homme de radio, homme de scène et surtout, homme de lettres ! A 68 ans, Jacques Mercier a un parcours époustouflant derrière lui. A la retraite pourtant, aujourd'hui, il est tout sauf inactif et continue d'alimenter d'années en années une bio déjà bien remplie. Animateur télé, radio, chroniqueur, écrivain, acteur, poète... une personnalité multi-facettes dont les mots sont le ciment...
Il est interviewé par la Sabam.


Qui est Jacques Mercier ?
Comme beaucoup de personnes, je me sens multiple. J'ai vécu beaucoup de vies en même temps : celle de la radio (avec l'intensité du contact par la voix), celle de la télévision ( avec le reflet de l'image et le travail en équipe), celle de la presse (avec son exigence), celle de la scène (avec un bonheur infini à partager avec un vrai public), celle de l'écriture (avec cette merveilleuse solitude de la création), celle de la famille, de l'amour, etc. Je me sens heureux, même s'il peut y avoir une incongruité à l'avouer ; mais je sais que c'est la condition pour rendre les autres heureux autour de soi ! S'il faut trouver un lien, un point commun c'est à coup sûr la langue française : la volupté des mots, de leurs racines, de leur évolution.

Comment es-tu arrivé sur le sentier de l'écriture ?
Peut-être parce que je voulais immobiliser le monde, écrire pour garder les souvenirs. C'est ainsi que j'ai commencé par écrire un “journal” à l'âge de 14 ans, où j'ai consigné non seulement ce que je faisais et ce que je pensais, mais aussi mes premiers textes, poèmes et nouvelles. J'y ai fait mes gammes. Ensuite s'est ajoutée l'envie d'être journaliste (grâce à une première interview de Jacques Brel, qui m'y encouragea), ce qui me permettait à la fois d'être en contact avec les autres et d'être tourné vers la réflexion et l'écriture. J'ai toujours poursuivi la création littéraire et la rédaction d'articles ou d'éditoriaux. L'un nourrit l'autre, comme la vie alimente notre pensée. Mais au-delà, j'aimais l'écriture (les jambages sur le tableau noir, par exemple) et les techniques de son usage (les encres de couleur, les stylos, les papiers lignés, quadrillés, etc.)

Quel est ton parcours d'auteur ?
Mes premiers poèmes ont été écrits vers 13 ans. En classe, très justement appelée “Poésie” en humanités “anciennes”, j'ai adoré créer dans les règles, découvrant les alexandrins, les rimes; règles qu'évidemment j'ai assimilées et puis dépassées peu à peu. Vers 16 ans, j'ai écrit une première nouvelle, inspirée par François Nourissier “Des reflets de lune dans ses cheveux” ! C'était romantique. L'année suivante, j'ai fini un premier roman, intitulé “Sur la pierre” que j'ai envoyé à une maison d'édition parisienne, au hasard. Elle accepta sa publication; mais après une rencontre sur place, il fallut modifier et surtout allonger le texte... qui ne vit le jour finalement qu'en 1978 sous le titre “Parfois”. Il a été au passage encouragé et corrigé par Françoise Mallet-Joris, Marcel Jullian et Alain Bosquet. Depuis ce premier roman, je n'ai plus arrêté et en suis à plus de 40 ouvrages édités. Pour les romans, il y a en somme des périodes. Les premiers romans (“Parfois”, “Candice”, “L'Envol”, etc.) Les romans classiques (La trilogie de “Maître Gustave”, “Un équilibre fragile” et “Gus”) et puis l'accomplissement, qui se traduit par un premier livre “Excès”. En ce qui concerne la poésie (la création la plus gratuite et la plus enrichissante qui soit !) il y a comme un miracle : j'écris sans cesse. Chaque fois qu'un éditeur (courageux) de poésie me demande si je n'ai rien à lui proposer, j'ai juste ce qu'il faut de poèmes pour structurer un recueil ! Le dernier s'appelle “Proche des larmes”. Depuis que je suis monté sur scène, en écrivant, je pense aussi à une adaptation possible.

Comment accueilles-tu l'initiative de la SABAM à propos du Mercredi du Livre ?
Tout ce qui peut encourager la mise en lumière des auteurs de chez nous est magnifique. Cette réalisation de la SABAM prolonge la défense et la protection des auteurs qu'elle exerce déjà. Elle ajoute à ce que des éditeurs peuvent faire pour la promotion des livres un crédit, une objectivité qui sont plus qu'intéressants. Le cadre de la SABAM, la manière dont elle peut accueillir le public, lancer l'information de l'événement, tout cela ajoute une valeur à la création belge. Et nous en avons bien besoin dans un pays culturellement balayé par les vents mondiaux, et en particulier dans la littérature, par de grands voisins brillants.

Homme de radio, homme de scène et surtout, homme de lettres ! © Philippe Simon

 



 

Olivier Bailly : Docteur Journaliste, Mister Auteur

par Kim Verhegge

 

Olivier Bailly : Docteur Journaliste, Mister Auteur La voie du hasard, vraiment?

Sorti de l’IHECS en 1997, Olivier Bailly a décidé de jongler avec plusieurs casquettes en même temps : auteur et journaliste. Ayant travaillé dans le secteur des ONG, il s’est familiarisé avec les questions de solidarité internationale. « J’ai écrit un livre sur IKEA et le modèle de société qui en découle, au sens large bien évidemment. J’ai également écrit un ouvrage sur le coton ainsi qu’un livre intitulé « L », auquel je tiens beaucoup » précise l’auteur, « ce livre reprend des témoignages de femmes, à travers le monde, qui ont été en contact à un moment ou un autre avec une forme de solidarité de la Belgique, quelle qu’en ait été l’issue ».

Lorsque vient le moment de choisir la voie dans laquelle s’engager, certains se posent un tas de questions existentielles, alors que pour d’autres, une voie s’impose tout naturellement. C’est notamment le cas d’Olivier Bailly : « Je ne sais faire que ça, sinon j’aurais peut-être fait d’autres choses. Comme sans doute beaucoup d’autres, à l’école secondaire, j’étais bon en rédaction alors que les maths, par contre, je n’y ai jamais rien compris. Je me suis donc tourné vers les choses que je savais faire, c’est-à-dire l’écriture ». Le hasard aussi peut jouer un rôle important dans la vie de chacun, et il a sans conteste été décisif dans le parcours professionnel d’Olivier Bailly. « En réalité, je me tournais plutôt vers le cinéma, je m’étais d’ailleurs inscrit à l’IAD (Institut des Arts de Diffusion), en réalisation. Il y a un système à l’IAD qui fait que si on n’est pas parmi les 10 ou 15 premiers sélectionnés, on ne peut plus se représenter, et j’étais de ceux-là. Après cela, je me suis retrouvé à me demander ce que j’allais faire » explique l’auteur. C’était sans compter sur un heureux concours de circonstances qui s'était produit quelques années auparavant: « A la sortie des études secondaires, une de mes amies avait décidé de tenter l’examen d’entrée à l’IHECS (Institut des Hautes Études de Communications Sociales), et je m’étais résolu à l’accompagner à Bruxelles ce jour-là. Une fois sur place, il s’est avéré que l’examen durait toute la journée ! Je me suis alors dit que, tant qu’à faire, j’allais le passer aussi, et j’ai réussi ! ». Comme le dit l’adage, le hasard fait parfois bien les choses ! « Je me suis souvenu de cet épisode au moment où je ne pouvais plus me représenter à l’IAD. J’ai alors recontacté l’IHECS pour savoir si mon examen d’entrée était encore valable. Il l’était.» Guidé par les aléas de la vie, Olivier Bailly s’est ainsi engagé sur la voie du journalisme.

Quels projets pour la rentrée littéraire?

Une voie qui se retrouve également dans les livres de l’auteur. En abordant son dernier ouvrage, « Ces vies en faillite : une grande enquête sur le surendettement » dont la sortie est prévue pour septembre prochain, Olivier Bailly précise qu’il s’agit « d’un livre de journaliste ». Avant d’ajouter : « J’ai mes croyances et mes convictions comme tout le monde, mais ce que j’explique dans le livre est basé sur l’enquête, le reportage, les interviews. Je me suis appuyé sur les propos de gens qui connaissent ou vivent le surendettement. Rien ne me fatigue plus qu’un livre dont l’auteur juge la société de consommation tout le long. Quelle que soit mon opinion, le livre que j’ai écrit n’est pas une dénonciation, c’est une tentative d’explication ». Pour l’écriture de cet ouvrage, l’auteur a recouru à ses réflexes journalistiques. « J’ai fait de « l’undercover » comme on dit. J’ai moi-même sollicité toute une série de crédits au sein de différentes instances, pour vivre le surendettement de l’intérieur ». Au travers de l’immersion, Olivier Bailly a donc tenté de s’imprégner et surtout de comprendre son sujet au maximum. « C’est un thème qui touche à des questions essentielles comme les libertés individuelles et les droits fondamentaux. Tout le monde a le droit d’acheter un iPod®, par exemple, c’est le fait de la liberté individuelle. Est-ce qu’acheter un iPod® est un droit fondamental pour autant ? » conclut l’auteur/journaliste. L’ambition de ce livre n’est donc pas de donner des réponses toutes faites mais bien de pousser à la réflexion.

Olivier Bailly : Docteur Journaliste, Mister Auteur "Ces vies en faillite : une grande enquête sur le surendettement"
Olivier BAILLY
Editeur: La Renaissance du Livre
Collection: Espace Vital
12 x 18,5 cm, 160 pages.
Sortie: 15 septembre 2011

 



 

A mi-parcours entre le réel et l'imaginaire

Nathalie Boutiau interviewée par la SABAM

 

A mi-parcours entre le réel et l'imaginaire Qui est Nathalie Boutiau ?
Je suis un petit paradoxe sur pattes venu par hasard au monde, les yeux accrochés au ciel, la tête dans les nuages. Sans racines, les idées embrouillées, j’avance le pas léger, le cœur content sur la terre que je voudrais pourtant alourdie d’un peu plus d’amour et de poésie. Mais sans trop me faire d’illusions sur l’issue favorable de cette attente que seule l’enfant, que je suis restée, peut imaginer. Et passent les jours, blottie dans le creux de cette enfance. Tel un petit jardin suspendu un peu hors du temps où je retrouve comme un second souffle, une joie de vivre qui nourrissent, à n’en pas douter, mon écriture depuis que je sais aligner quelques mots sur une page blanche et quadrillée.

Comment es-tu arrivée sur le sentier de l’écriture ?
C’est un besoin de retrouver, dans le creux des mots, comme une seconde naissance qui m’a conduite sur le sentier de l’écriture. Pour trouver ainsi une réponse à la vie, découvrir son sens là où résonne l’écho d’un silence jamais atteint, toujours effleuré. C’est donc par passion et par plaisir que je trace un chemin à travers cet acte que seuls les mots peuvent porter et mettre au monde, nous faisant entrevoir ce qui dans l’univers nous échappe sans cesse. Pourquoi la poésie ? Sans doute parce qu’elle ouvre ce que l’homme a de plus intime à mi-parcours entre le réel et l’imaginaire. Sans doute aussi parce qu’elle est un langage à part tout en puisant sa richesse et son inspiration dans les mots de tous les jours mais agencés selon que le cœur tremble ou ne tremble pas. C’est pour cela qu’on ne cherche pas toujours à savoir ce qu’a voulu dire le poète mais plutôt, comment il l’a dit et comment on peut le recevoir par rapport à notre propre vécu et nos facultés sensibles, affectives, oniriques aussi.

Quel est ton parcours en tant qu’auteur ?
Du moment où je me suis posé des questions sur la vie et son sens, j’ai commencé à écrire. Des courts textes, des poèmes, rassemblés – ou pas – en recueils. Mais l’aventure a réellement pris son envol avec le journal Vers l’Avenir, il y a de cela 10 ans, et la rencontre de Jacques Henrard à l’occasion de la sortie de son roman Moi, Madame. Suite à ce moment, un premier article est né. D’autres ont suivi dans des rubriques (Tranches de vie, Balade poétique, Quelque part en chemin…) essentiellement portées par une écriture littéraire plutôt que journalistique, l’intention première étant d’apporter un regard décalé sur l’actualité en général. C’est à cette période aussi que je me suis affiliée à la SABAM. En même temps, j’ai poursuivi les comptes rendus d’événements culturels et artistiques (concerts, spectacles, expositions…). C’est ainsi que mon écriture a mûri de même qu’elle s’est affinée tandis que mon regard sur le monde devenait plus sensible. A côté de cela, j’ai continué à écrire des textes poétiques. Non en vain puisque quelques uns d’entre eux ont été publiés dans un des numéros de la revue L’Arbre à paroles, dirigée par Francis Chenot, à Amay. Suite aux encouragements de Jacques Henrard et un premier soutien de l’Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises (via son Fonds National de Littérature), L’Enfant de Lumière est sorti aux éditions Dricot. Son petit succès local m’a poussé à poursuivre l’aventure à travers la rédaction d’un premier roman A hauteur d’elle(s) que le Fonds National de Littérature a de nouveau retenu pour une aide à l’édition.

Comment présenterais-tu L’Enfant de Lumière ?
Ce sont des textes qui tentent, avec une économie de moyens, de faire jaillir le plus lumineux de la vie. Sa simplicité aussi, sa fragilité et donc, sa disparition qu’un peu d’apaisement, sous-jacent, vient pourtant nourrir. Il s’agit aussi de tenter une réponse à cette aberration qui veut justement que l’enfant s’en aille sans que l’on ne sache vraiment pourquoi. C’est léger, grave bien que lumineux parce qu’il est surtout question de cette enfance dont on n’est jamais tout à fait séparé et qui nous fait entrevoir dans le monde ses interstices qui nous échappent, faute de pouvoir s’y arrêter. L’Enfant de Lumière, c’est encore une présence qui se retrouve en soi, dans la lumière d’un regard, l’eau qui s’en écoule, un envol, le silence, aussi. Enfin, et pour alléger la lecture ou, la fractionner, des courts textes, préambules aux autres, amorcent la réflexion sur ce thème récurrent. A moins qu’ils ne la prolongent, c’est selon.

Quelle est sa genèse ?
La plupart des textes repris dans ce recueil ont été écrits au hasard de promenades, sans aucune volonté de les rassembler en recueil. C’est en les relisant, bien après, que j’ai constaté une cohérence entre eux et l’enfance, omniprésente. Puis, sont venues des rencontres avec des parents qui avaient connu le deuil. Il y avait chez eux tant de souffrance et d’humilité que j’ai voulu en faire écho. J’ai alors écrit des nouveaux textes que j’a ensuite ajouté aux premiers. Une progression dans la lecture s’est dégagée de l’ensemble bien que chaque texte puisse aussi se lire indépendamment des autres.

Comment accueilles-tu l’initiative de la SABAM à propos du Mercredi du Livre ?
Une des difficultés que rencontrent les auteurs, c’est la reconnaissance. Or, pour entrer dans la grande famille des auteurs édités, cela peut aider. On est donc là devant un paradoxe. D’un côté, il y a l’éditeur qui ne prendra pas le risque (sauf exception) de miser sur un inconnu au bataillon et de l’autre, l’auteur qui cherche désespérément un premier contrat d’édition qui verra enfin son manuscrit publié. Par son initiative qui veut justement mettre à l’honneur ces jeunes auteurs et leur donner ainsi plus de visibilité, la SABAM leur apporte une aide précieuse. Et puis, il y a aussi l’aspect rencontre qui est mis en avant dans ce Mercredi du Livre. Ce qui donne à l’ensemble son caractère humain et donc, chaleureux.

A mi-parcours entre le réel et l'imaginaire L'enfant de lumière
________________
Nathalie BOUTIAU
Editions Dricot
Paru en 2008
208 x 135 mm, 69 pages
12 euros

 



 

Guy Delhasse, vagabond dans l’âme

par Kim VERHEGGE

 

Guy Delhasse, vagabond dans l’âme Après avoir édité plusieurs « guides littéraires » sur différentes villes liégeoises, l’auteur verviétois Guy Delhasse salue à présent la province toute entière. De roman en roman, de nouvelle en nouvelle, Liège semble définitivement être une province qui s’écrit à l’imparfait tout comme au présent.

Guy Delhasse se décrit spontanément comme un vagabond de l’écriture. Pourquoi ce qualificatif? Parce qu’il aime voguer entre différents domaines littéraires, tout simplement. « J’écris des livres touchant à des domaines très divers. J’ai écrit quelques polars, mais également des ouvrages relevant du domaine musical. » Il s’est entre autre intéressé à de grands noms tels que Pierre Rapsat ou encore Hugues Aufray, et a contribué à La Revue générale au travers de chroniques mensuelles. Également mordu de patrimoine littéraire, il a écrit et publié quatre guides littéraires très fouillés, consacrés chacun à une ville de la province de Liège. Ont ainsi déjà été mis à l’honneur Huy, Liège, Spa et Verviers. Pour la rentrée littéraire 2011, un nouveau guide a vu le jour sous la plume de l’auteur, rassemblant cette fois les 84 communes de la province de Liège sous un même titre : « Le guide littéraire de la province de Liège ».

Flirtant avec plaisir avec différents genres littéraires, l’écrit a toujours été présent dans la vie de Guy Delhasse. « Je n’arrive pas à comprendre ce qui m’a mené vers l’écriture, je ne sais pas» confie l’auteur, « il n’y a pas eu de moment précis où je me suis dit « je vais devenir écrivain ! ». Par contre, au plus loin de mes souvenirs, j’ai toujours eu un lien avec l’écriture. » Un lien qui remonte donc à l’enfance de l’auteur : « Quand j’étais petit, on n’avait pas la télévision, la radio, les disques et toutes ces choses là. Par contre, mes parents lisaient les journaux à la maison. Tout petit, j’ai juste le souvenir d’avoir commencé à saisir des livres. C’est peut-être pour ça que je me suis tourné vers l’écriture à l’adolescence. Déjà quand j’étais à l’école primaire, je me souviens que je remplissais déjà des cahiers. Je noircissais des pages avec des signes cabalistiques, ce n’était pas encore vraiment de l’écriture, mais il y avait bien ce lien avec l’écrit. »

« Le guide littéraire de la province de Liège » de Guy Delhasse, dont la sortie est prévue pour octobre 2011, représente le fruit de vingt-cinq années de recherches et de travail. « Il y a toujours eu de la fiction autour de Liège, et ce guide littéraire quadrille les traces laissées par les auteurs en ce qui concerne la province » explique l’auteur. Au travers de cet ouvrage, le lecteur pourra donc se promener dans l’histoire de la province de Liège et de ses villes, une histoire tracée sous la plume de nombreux écrivains.

Guide littéraire de la Province de Liège
Sortie prévue en octobre 2011

 



 

A la découverte d'un auteur du terroir...

Maurice Vandeweyer interviewé par la SABAM

 

A la découverte d'un auteur du terroir... Maurice Vandeweyer, un auteur bien de chez nous.

Qui est Maurice Vandeweyer ?
Un petit provincial amoureux de sa région et plus encore des histoires étranges qui s'y racontent au fil des générations. Maurice est aussi quelqu'un qui, dans sa petite enfance, a été déraciné et qui maintenant cherche un sol où planter les siennes en se délectant des contes et des légendes de sa région d'adoption. Il voudrait donner à sa région une âme d'Intersambriomosan et élargir le champ de vision de ceux qui vivent au rythme du son des mêmes cloches de l'église du village. Il se retrouve souvent seul quand il se retourne, face à des gens qui ne regardent que leur lopin de terre sans envie d'ouvertures. Alors, un peu triste, il essaie avec quelques amis, en racontant des choses, en les inventant le cas échéant, de rassembler tout ce monde pour qu'une âme naisse enfin et donne vie à un esprit régional. Mais ceci n'est qu'une vue de l'esprit. L'autre facette de Maurice est celle d'un bon vivant, amoureux de la bonne chère, du bien boire et du bien vivre. Il part du principe que tant qu'à manger et à boire, tant qu'à faire l'amour, tant qu'à voir des choses et en écouter d'autres, pour bien les faire, il faut bien les connaître et donc il essaie de les faire sans être trop idiot. Une autre facette du personnage – qui pourrait être drôle – est que malgré qu'il soit amoureux fou de sa région, il ne rêve que de parcourir le grand village qu'est le monde. Le voyage est sa seconde passion. La découverte des autres, leur milieu, leurs habitudes, leurs mœurs, leur manière de manger de boire, en un mot leur façon de vivre l'intéresse sans qu'il ne soit ethnologue. Il cherche chez l'autre ce qui peut l'enrichir et l'oubliera très vite ou ne le verra même pas s'il n'apporte rien. Mais avant de vouloir connaître d'autres pays, il a voulu connaître le sien. Il a parcouru la Belgique tous azimuts ne retenant que ce qui lui seyait, oubliant le reste. Enfin, si sa formation est d'abord scientifique, il est amateur d'art graphique et de sculptures, pratiquant lui-même ces disciplines à titre d'amateur. Il allait oublier ce qui occupe la majorité de sa vie actuellement, le théâtre comme auteur, comme metteur en scène et comme chroniqueur. Malgré ses apparences, il est sportif même si depuis quelques mois il a laissé ces choses un peu de côté, trop absorbé par son écriture comme correspondant de presse et auteur.

Comment est-il arrivé sur le sentier de l'écriture ?
À travers la BD. Le millénaire de la Principauté de Liège lui a fait organiser une immense journée multiculturelle qui a pris un an d'organisation. Journée qu'il voulait représentative de tous les arts connus en Belgique en passant de la peinture au cinéma, de la musique classique et moderne à des représentations théâtrales pour n'en citer que quelques uns. Il lui manquait une BD qu'il voulait régionale. Personne de sa connaissance n'avait entendu parler d'une telle BD. Il décide alors d'écrire lui-même le scénario et pour ce faire, suit des cours. Finalement, il trouve un dessinateur en la personne de Xavier Canonne, actuellement directeur du Musée de la Photographie à Charleroi et le déclic se fait. Il va écrire des scénarios pour des concours, se fait éditer, participe petitement à Angoulême mais rien de probant n'aboutit. On lui demande un jour d'écrire des scénarios de son et lumière (cinq). Ceux-ci ont un franc succès. Un peu plus tard, il participe à un concours d'écriture théâtral (prix des Arts et Lettres de France) et il attrape un nouveau virus, celui d'écrire des nouvelles. Au même moment, il est contacté par Vers l'Avenir qui lui demande d'écrire des histoires pour son journal hebdomadaire :"Le Courrier de Philippeville" qui disparaîtra par la suite. Près de 200 histoires, contes et légendes ont ainsi été publiées. Il aurait été dommage de ne pas rassembler le tout dans un livre, ce qui a été fait. D'abord chez Noir Dessin, ensuite chez Racine...

Comment présente-il son livre ?
Comme un recueil de saveurs et de senteurs d'une époque pas si lointaine qui à son sens a été le point de rotation entre la vie calme et paisible des campagnes d'avant la TV et la trépidante vie actuelle. "C'est aussi un témoignage d'une enfance heureuse en découvertes", dira-t-il, "et pas polluée par des iPod, iPad et autres bizarreries qui ne musclent que les pouces et même pas l'esprit. Une période ou un chat était un chat et pas un échange de mots virtuels. Une vie pleine de rebondissements et de découvertes d'un monde dur, âpre, laborieux mais charmant parce que tout se faisait en son temps. Un temps où celui qui voulait connaître apprenait et devait se faire parfois du mal pour y arriver." Il considère ce livre comme amusant pour ceux de son âge qui s'y retrouveront et aussi pour les autres qui les envieront. L'idée de ce livre vient de ce qu'il a toujours aimé, sa région d'origine et qu'il s'y est souvent replongé au moyen du livre d'Ernest Claes : "De Witte".

A la découverte d'un auteur du terroir... Résumé de l’éditeur
Mimile est un petit gars de Rolagne. C'est vous, c'est moi, c'est un gamin comme les autres, un peu plus espiègle peut-être, plus curieux, plus chançard... Il vit des moments intenses et les partage. Rolagne-la-Vallée est un petit bourg qui n'existe pas mais qui est inspiré d'une ville de l'Entre-Sambre-et-Meuse. Cependant que Rolagne pourrait être aussi bien dans le Hainaut qu'en Ardenne ou le Nord de la France; chaque lecteur y retrouvera ses quartiers... Les autres, ce sont les copains de quartier ou d'école, la fratrie avec tout ce que cela comporte. Le reste n'est qu'affaire d'imagination ou de réminiscences. Le tout se passe entre 1956 et 1961. Dans les campagnes, ce n'est plus le Moyen Âge mais ce n'est pas encore la toute grande modernité que nous connaissons actuellement.


« Histoires de l’Entre-Sambre-et-Meuse »
Maurice VANDEWEYER
Editeur : Racine
150 x 230 mm. 144 pages
16,95 euros

 



 

"A quatorze ans, j'ai su que je voulais devenir écrivain"

Thierry-Pierre Clément, interviewé par la Sabam

 

"A quatorze ans, j'ai su que je voulais devenir écrivain" Qui est Thierry-Pierre Clément ?
On m’a parfois présenté comme “un homme qui marche”, et j’adhère assez bien à cette façon de voir. Je me sens marcheur, pèlerin. L’existence est à mes yeux un voyage, un magnifique voyage ponctué d’étapes tantôt agréables, tantôt douloureuses, un chemin baigné d’ombres et de lumières. Notre relation au monde (le monde au sens large, c’est-à-dire l’ensemble des êtres) est ce qui nous donne sens. Quant au voyage intérieur (au cœur de soi), il est passionnant, il n’a pas de fin, l’inconnu s’y révèle à chaque pas. Ce voyage là est mon fil conducteur. Et l’écriture est le moyen par lequel je mets en mots mes explorations et tente de les partager.

Comment es-tu arrivé sur le sentier de l’écriture ?
À quatorze ans, j’ai su tout à coup que je voulais devenir écrivain. Cela s’est imposé comme une évidence, sans raison apparente. Un an plus tard, grâce à un professeur éclairé, j’ai lu Henry Thoreau, qui provoqua en moi un véritable choc et faisait écho à mon amour profond pour la nature, ainsi qu’à mon désir de trouver une autre façon de vivre que celle proposée par la société (nous étions alors en 1969). Dans la foulée, j’ai découvert la poésie, la poésie vivante, Rimbaud, les poètes américains de la Beat Generation… nouveau choc ! Toutes ces lectures me révélaient un langage différent, un langage que je n’avais jamais rencontré autour de moi ou dans mes études, un langage situé à un autre niveau que le langage rationnel, technique ou pragmatique habituel. La poésie coulait à l’image de la vie, elle était rivière et non canal bétonné, elle me paraissait capable de transmettre énergie et sens profond. Dès lors j’ai voulu plonger moi-même dans cet univers, et je me suis mis à écrire.

Quel est ton parcours d’auteur ?
Mon premier recueil de poèmes, « Électrolation », est paru en 1979 aux éditions Saint-Germain-des-Prés, à Paris. J’avais 25 ans. Il fut suivi par « Torrent » l’année suivante, chez le même éditeur, puis en 1986 par un recueil paru à Athènes dans une édition bilingue français-grec (« Cailloux ronds dans l’eau claire ») et en 1988 par « Le laurier-rose », préfacé par Marcel Hennart. Je m’étais entre-temps essayé à l’écriture romanesque, et un premier roman avait reçu les encouragements de l’éditeur Bernard Grasset, sans toutefois être publié. Un second roman, « Furnes et la montgolfière », se vit attribué en 1990 le prix Hubert Krains, décerné par l’Association des écrivains belges de langue française ; il fut publié deux ans plus tard par les éphémères éditions du Snark.

S’ensuivit un long silence, durant une quinzaine d’années. Je ne suis pas resté inactif pour autant. D’une part, j’ai continué d’écrire ; d’autre part, à la suite d’une rencontre en 1991 avec Kenneth White, fondateur de l’Institut international de géopoétique, j’ai organisé l’année suivante une tournée en Belgique de l’écrivain, et créé l’Atelier du Héron, groupe belge de géopoétique. Celui-ci avait vocation à explorer diverses formes de création artistique inspirée par le contact direct avec la nature. J’ai animé ce groupe jusqu’en 2000. En 2007, je suis partiellement sorti de mon silence pour éditer un cinquième recueil, hors commerce : « Un chemin de lumière ». Des poèmes ont recommencé à paraître dans un certain nombre de revues. En 2010 est paru au Non-Dit mon dernier recueil, « Fragments d’un cercle ».


Comment présenterais-tu ton livre ?
Les poèmes de « « Fragments d’un cercle » disent la mort et la solitude, l’exil et l’illusion, le mystère et l’inconnu, mais aussi l’espoir, la patience, la transformation, l’amour, la joie, la quiétude… Articulé en sept parties, qui mènent progressivement de l’ombre vers la lumière, du tourbillon des questions jusqu’à leur effacement, le recueil révèle une quête spirituelle – ce voyage intérieur dont j’écrivais plus haut qu’il est fil conducteur, à la fois de mon écriture et de mon existence. D’ailleurs, je ne puis concevoir une écriture qui ne soit ancrée profondément dans le vécu.

Quel est sa genèse ?
Les poèmes rassemblés ici sont le fruit d’une sélection opérée parmi l’ensemble de mes textes écrits depuis 1976 jusqu’en 2009, soit sur une période de trente-quatre années. Leur succession à travers les sept parties (le chiffre 7 représente symboliquement le passage) respecte peu ou prou la chronologie de leur écriture, reflétant ainsi fidèlement le cheminement intérieur de leur auteur.

Comment accueilles-tu l’initiative de la SABAM à propos du Mercredi du livre ?
J’en suis très heureux. J’apprécie énormément toute initiative qui vise à donner la parole à la création artistique, à la rendre visible et vivante au cœur de la cité. Je pense que toute création artistique constitue un acte de résistance salutaire face au mercantilisme toujours croissant de notre société, et qu’il est bon qu’une organisation telle que la SABAM, non seulement prenne la défense des artistes (ce qui est son rôle), mais aille plus loin en les soutenant activement et publiquement. La poésie, en particulier, reste souvent dans l’ombre et n’a plus aujourd’hui l’audience qu’elle mérite. Même si l’ombre où elle se tient convient à son rôle de résistante (pas question pour elle, au risque de se perdre, d’entrer dans les créneaux du business !), un petit coup de projecteur de temps en temps ne peut pas lui faire de tort, en rappelant simplement qu’elle existe. Je remercie donc la SABAM pour cette initiative qui, de plus (et cela ne gâche rien…), se déroule dans une atmosphère extrêmement chaleureuse.

 



 

Salomé Mulungo

Interviewée par la Sabam

 

Salomé Mulungo Auteur d’un premier roman que le public s’est empressé d’épuiser lors de la Foire du livre de Bruxelles 2009, Salomé Mulongo fait partie de ces femmes qui ne se lassent jamais de parler d’amour. D’amour à toutes les sauces, parfumés de tous les épices. D’amour avec un très grand “A”. Un sentiment qui s’ouvre à toutes les couleurs, à toutes les différences.

Mais qui est donc Salomé Mulongo ?
“En résumé, Salomé est une petite fille qui a pris la route avec deux immenses valises, une blanche et une noire, toutes deux lourdes de manque et de souffrance et un mini sac à dos rempli de rêves et d’espoir. Partie sans boussole et sans carte, le chemin emprunté s’est avéré long, très long, escarpé, sinueux et souvent semé d’embûches. Elle s’est alors délestée petit à petit de ses valises et en a parfois recyclé le contenu. Aujourd’hui, elle avance toujours, mais plus légère, toujours sans plan ni boussole, avec ses nouveaux rêves et ses éternels espoirs”

Comment êtes-vous arrivée sur le sentier de l’écriture ?
“Je pense que je portais l’écriture en moi mais bien enfouie loin, très loin. Au fond de mes deux grosses valises sans doute. L’écriture était si bien enfouie que je n’ai ni lu ni écrit avant l’âge de 40 ans ! Curieusement c’est en renouant avec la danse que l’écriture a surgi comme une évidence. Quand on libère les maux du corps, sans doute libère-t-on aussi les mots de l’esprit ? J’ai fait le plein d’ateliers d’écriture pour rattraper le temps perdu. Ce fut pour moi le début d’une longue histoire d’amour avec l’écriture. J’ai définitivement troqué ce qui me restait encore de mes deux grosses valises contre une petite boîte à outils d’écrivains que je continue à remplir et à partager”.

“Métissage : ni tout blanc ni tout noir” est votre premier roman ?
“Oui, c’est ma première publication. J’ai écrit pas mal de nouvelles et de textes courts mais c’est mon premier projet long. Il est né dans de drôles de circonstances. Je m‘étais inscrite à un atelier d’écriture en récit de vie pour enrichir encore ma palette d’écrivain en herbe. Lors des présentations, un des participants nous avait dit qu’il avait toujours eu envie d’écrire et que maintenant qu’il était pensionné, il allait enfin réaliser son rêve. Quelques semaines après cette séance, nous apprenions que le Monsieur en question était décédé. Le choc pour moi fut violent et manifestement déclencheur. C’est alors que l’urgence d’écrire ce récit s’est imposée à moi. Je me suis vraiment dit
“moi c’est maintenant que je veux écrire et je vais le faire pour mes enfants. Pour leur raconter les racines de leur maman et son parcours pour devenir mère, femme, danseuse et écrivain”. Je l’ai donc écrit sans penser un quart de seconde à une éventuelle publication. Quand l’éditeur est venu à moi, mon premier réflexe a été de tout relire pour voir ce qu’il fallait changer. Puis je me suis reprise heureusement. Et je me suis dit “non, je ne change rien. J’ai écrit ce livre pour mes enfants, je ne change rien (si ce n’est enlever les prénoms), c’est pour eux, c’est leur cadeau et ça doit rester leur cadeau. Tant mieux si un éditeur est intéressé et qu’il pense que ça peut plaire à des lecteurs potentiels mais ce livre est pour mes enfants d’abord”.


Quel accueil a-t-il reçu par le public ?
“Je suis vraiment gâtée par le public. Je reçois de nombreux courriers de lecteurs qui se disent touchés par mon livre qu’ils considèrent comme un livre d’espoir. Les 300 exemplaires tirés sont partis tout de suite alors que le livre est édité par une toute petite maison d’édition avec de tout petits moyens, sans réseau de distribution. Aujourd’hui, l’éditeur en est à sa deuxième réimpression. Je garde précieusement tous ces messages des lecteurs. Les premiers compliments, je les ai reçus de Jacques Mercier qui a accepté de faire la préface. Et quelle préface ! J’ai dormi avec pendant une semaine ! Pas avec Jacques, avec la préface ! Le livre a aussi conquis le public de la Foire du Livre. Alors qu’on m’avait bien prévenue que les auteurs inconnus ne vendaient pas et que l’important était de participer et de bénéficier d’une certaine visibilité, j’y ai quand même vendu 30 livres. J’ai aussi été invitée par un libraire du village du livre de Redu pour la Fête du livre”.

Et du côté des projets en cours ?
“Un recueil de huit petites histoires d’amour qui est terminé mais doit encore être illustré par Nathalie Polfliet et un roman en cours d’écriture sur le thème des belles-mères de famille recomposée”.

Salomé Mulungo

 



 

"Moi, plus tard, je voudrais écrire des livres"

Evelyne Wilwerth interviewée par la SABAM

 

"Moi, plus tard, je voudrais écrire des livres" Qui est Evelyne Wilwerth ?
Une chatte née avec un bic entre les pattes. Une chatte petite fille qui s'amuse énormément. Une femme qui se greffe à la petite fille. Enfance souveraine, jamais lâchée en cours de route. Une femme chatte qui a choisi la création à part entière, qui est de plus en plus audacieuse, qui se lance de plus en plus de défis. Une chatte, donc très libre, comme tous les félins qui se respectent.

Comment es-tu arrivée sur le sentier de la création?
D'abord, je parlerais plutôt de galaxie que de sentier ! Tout s'est déclenché dans mon enfance. Une enfance très belle dans une villa 1900 à Spa. C'est là qu'a jailli le rêve: “Quand je serai grande, je voudrais écrire des livres.” Un rêve qui résiste à toute analyse parce que sans doute surgi du plus profond, du mystère de l'être. J'avoue que deux autres voies m'ont tentée également : une carrière de trapéziste ou de pilote en Formule 1. La villa fabuleuse est devenue matrice. J'ai l'impression que tous mes livres sortent de là. J'ai commencé à rédiger de courts poèmes assez débiles. Premiers pas ! Puis, plus tard, j'ai fait une licence en philologie romane. Et à 30 ans, je suis véritablement née à moi-même quand j'ai décidé de quitter l'enseignement pour me consacrer totalement à la création.

Quel est ton parcours d'auteure?
J'ai donc commencé par la poésie. Un jour, je suis allée chez un imprimeur en tremblant comme une feuille. Je lui ai demandé, en bafouillant, si c'était possible de réaliser un petit recueil avec mes petits textes. Ce fut “Zébrures”. Je me suis faite seule. Avec cependant quelques aides au passage. Par exemple l'artiste Manu van de Velde qui m'a entraînée dans une vie de bohème en Provence (avec création intense!). Un autre m'a ouvert la voie du théâtre. Un certain André Burton, metteur en scène, comédien et chanteur. A la fin d'une soirée un rien arrosée, il m'avait provoquée: “Si tu écris un texte très fort, je le monte.” Et c'est devenu “Hortense, ta pétillance”, pièce qui fut jouée pendant 12 ans. André Burton qui m'a aussi ouvert la porte de... la SABAM ! Dans les années 80, j'ai découvert l'écriture pour la jeunesse. Par ailleurs, on m'a commandé des essais féministes. Dans les années 90, j'ai publié la biographie de Neel Doff (traduite en néerlandais et en anglais). Puis j'ai découvert l'écriture romanesque. Moi qui avais déclaré que je n'étais pas assez bavarde pour ce genre littéraire. Je me suis lancée également dans l'animation d'ateliers d'écriture. Depuis 2000, j'ai écrit plusieurs romans pour ados. Et je suis revenue au théâtre avec “Souriez, vous vieillissez !” qui tourne depuis mars 2007 et a été joué au festival d'Avignon en 2009. La pièce est traduite en roumain, en néerlandais et en anglais. A l'heure où j'écris ces lignes, je suis enceinte d'un roman. Puis je caresse le rêve d'un ensemble de courts textes érotico-sensuels.

Quelle est la genèse de ton roman “Papillon mortel”?
Après avoir écrit beaucoup pour la jeunesse, j'ai eu une terrible envie d'âpreté, de primitivisme, d'animalité. Alors j'ai imaginé une situation extrême et dépouillée : une séquestration. Je me suis lancé le défi de construire un roman sur l'imaginaire (je précise que jamais je n'ai été séquestrée). Je désirais aussi, sans doute confusément, une aventure intérieure chamboulante.

Comment présenterais-tu ton livre?
Un double enfermement : physique et surtout psychique. Un arrêt forcé pour Edwige, avec les questions essentielles. Qui suis-je ? Qu'ai-je fait en 40 ans ? Qu'ai-je fait de ma liberté ? Questions qui ricochent
sur le lecteur... Une trajectoire intérieure très intense, extrême qui l'acculera peu à peu à l'aveu, au crachat de l'abominable. Donc un voyage immobile. Une plongée dans le magma de l'âme humaine. Un roman pétri de gravité et d'humour. Un roman que j'ai écrit dans la fièvre, la passion, une tension haletante.


Comment accueilles-tu l'initiative de la SABAM à propos du Mercredi du livre ?
Avec les bras ouverts ! C'est une superbe formule, riche à plusieurs titres. Car elle constitue un soutien réel, concret, efficace pour les auteurs. Elle leur donne davantage de visibilité et les valorise. Une formule qui crée des trios (l'équipe de chaque rencontre) et des contacts complices avec d'autres membres de la SABAM. Une formule qui élargit notre cercle puisqu'elle ouvre ses portes à des amis (dont certains des miens se sont affiliés !). Une formule généreuse puisque 30 livres dédicacés sont offerts. Sans oublier le créneau horaire... sans concurrence. Bref, une initiative qui développe un précieux esprit de famille, nécessaire aux artistes dont le métier est extraordinaire et.... difficile.

"Moi, plus tard, je voudrais écrire des livres" Roman
__________________
Evelyne WILWERTH
"Papillon mortel"
Editeur: Luce Wilquin
Parution: mars 2010
140 x 205 mm. 192 pages.
19 euros

 



 

Anne-Marie Basic, Belgique instinct.

Anne-Marie Basic interviewée par la Sabam

 

Anne-Marie Basic, Belgique instinct. Qui est Anne-Marie Basic ?
Une passionnée, souvent entre deux avions ou deux TGV (rires). Une femme duale, surtout : tantôt bien ancrée dans le monde business, très “fuite en avant”, tantôt artiste et contemplative, attirée par l’Histoire, la littérature, la philo, la déco. Mon métier est d’accompagner les managers dans l’entreprise ou bien les patrons de PME. Les écouter, les aider à passer des caps difficiles, à transcender leurs propres limites. Faire en sorte, avec eux, que leurs plans se réalisent, que les objectifs soient atteints. Manager puis top manager international chez Sodexo, j’ai fait ça moi-même pendant vingt-cinq ans dans la très très grande entreprise : dépasser mes limites. Aujourd’hui, je pourrais être une des définitions que donne le Larousse pour “mentor” : guide attentif. Mon rôle est de faire grandir toutes les personnes qui se laissent inspirer par moi, leur apporter plus de confort dans leur combat économique. Faire grandir, oui… c’est cela. Aider à grandir. Ça m’aide aussi à canaliser mes impatiences. J’évite de me prendre au sérieux, ce serait un piège. Et surtout, j’apprends (aux autres aussi) à prendre du recul…

Comment es-tu arrivée sur le sentier de l’écriture ?
Je ne suis pas vraiment arrivée sur le sentier de l’écriture. Mais l’écriture devait être programmée dans mon ADN. J’écris malgré moi. Quand j’étais adolescente, je traitais d’un sujet de dissertation en dix minutes, et j’obtenais un dix sept ou dix huit sur vingt. J’étais bien payée pour peu de peine ! Des mots-fantômes naissent dans ma tête, des phrases se forment, c’est une joyeuse génération spontanée. Je n’ai aucun mérite, je pourrais techniquement écrire pendant des heures, des jours… à m’en dégoûter. Alors même si vous n’en avez pas envie, il faut bien en faire quelque chose un jour, de ce gène-là.

Quel est ton parcours d’auteur ?
Un ouvrage business en 2002, coédité avec Luc Pire “Les leçons de l’eau – Le bon sens de l’eau au service des PME”. Un livre-miroir : moitié poésie, moitié philosophie d’entreprise. Comment puiser au bon sens de la nature pour mieux gérer son projet ou son entreprise… Puis un roman d’amour qui a failli être publié en 2008. Ouf, il ne l’a jamais été et c’est tant mieux, il était très peu abouti ! En 2009, je présente à la Foire du Livre de Bruxelles dans le cadre du lancement d’élyge, Maison d’Inspiration : “Le Mur des Belges” et “Le mystère de Sainte Luchaïre”. Les deux sont une petite philosophie accessible à tous, de faux gentils romans. L’un est très sérieux, l’autre est léger comme le vin dont il parle, mais lourd comme le pays cathare, dont il parle aussi. “Le mystère de Sainte Luchaïre” se lit en une heure trente, le temps qu’il faut, en lecteur solitaire, pour vider la bouteille de rosé médaillé qui porte le même nom. Mon futur sera toujours littéraire, mais sans bouquins : j’écrirai sur les murs !

Comment présenterais-tu ton livre ?
Le Mur des Belges se veut outil de réflexion, base de travail. Il pose les questions que tout Belge devrait se poser pour résoudre l’affaire Belgique. Le Mur des Belges détruit la Belgique pour ensuite mieux la reconstruire. Il s’agit ici d’un dialogue initiatique entre un grand père qui a connu la Belgique, et ses petits enfants, qui sont citoyens d’Europe. On est en 2030 et la Belgique a disparu depuis sept ans. Le roman est une suite de questionnements intergénérationnels et de clichés : Bruxelles sous verre parce qu’elle menace de s’écrouler et qu’il faut la protéger, Bruges engloutie, l’Atomium détruit, etc. Des retours en arrière : les difficultés à asseoir un gouvernement fédéral stable entre 2007 et 2010, la révolte des Belges en 2023 ou la construction du Mur. A chaque page, il y a des éléments dont on peut débattre et qui peuvent inciter à PRENDRE ACTION, ce qui est le but de l’ouvrage. Après tout, nous sommes tous des acteurs possibles de notre destinée, le pouvoir du citoyen est immense. Depuis sa sortie en février 2009, la réalité… donne raison à cette fiction. Un lecteur m’a dit “En refermant le roman, je me sens coupable d’être ce Belge mou qui n’a encore rien pu faire pour sa Belgique”

Quelle est sa genèse ?
Cette écriture missionnaire ou apostolique, je l’ai prise comme un devoir : le premier jet date de 2006 ! On sentait qu’il allait se passer quelque chose, que la Belgique avait vécu et ça m’interpellait. A l’opposé de toutes les publications chiffrées, économiques, journalistiques et politiques parues à l’époque, j’ai pensé qu’il faudrait un roman. Parce qu’une histoire, c’est quand même mieux. Une vraie histoire, avec des vrais personnages, des personnages qui ne seraient pas nous, bien sûr. Une petite philosophie pour réfléchir loin. Le roman est alibi, innocence, prétexte. J’ai trouvé qu’un roman serait plus sympathique qu’un alignement de chiffres, de statistiques, de supputations ou d’élucubrations pour aborder quelque chose de grave : nous allons tous mourir de nos propres incohérences et de nos surenchères.

Comment accueilles-tu l’initiative de la SABAM à propos du Mercredi du Livre ?
La SABAM peut vraiment être le garant d’une saine littérature, de la création en général, et bien sûr de la défense des auteurs. On ne fera jamais assez pour la littérature. En plus, le Mercredi du Livre, c’est frais, c’est novateur, c’est dynamique. C’est nécessaire et pertinent. Vous avez su créer un café littéraire intelligent, une atmosphère cocoon, un endroit où l’on aurait envie d’être… tous les matins ! Je lui souhaite longue vie, au Mercredi du Livre, et aussi un plus grand retentissement encore, pour que dure l’envie d’écrire et l’envie de parler des idées. Merci pour ça !

Anne-Marie Basic, Belgique instinct. Roman
__________________
"Le mur des Belges"
Anne-Marie BASIC
Editeur: Elyge
140 x 140 mm. 190 pages.
16 euros

 



 

Du poème au polar

Michel Joiret, interviewé par la Sabam

 

Du poème au polar Qui est Michel Joiret ?
Tout me ramène à l’écriture, absolument tout. Même si je tremble à la seule idée d’avoir mal dit, de m’être trahi à travers les mots, c’est tout de même l’écrit qui signe ma présence en ce monde. Pour reprendre le titre d’un de mes romans, j’ai toujours cultivé “la différence”. En d’autres mots, j’essaie d’apparaître là où on m’attend le moins. J‘aime qu’on utilise le patronyme de “polygraphe” en parlant de mon identité littéraire. Poète, j’ai adhéré au roman à l’âge de vingt-deux ans… Très tôt, je me suis passionné pour la littérature de ce pays et j’ai tenté d’en relever les lignes de force. Dans ma famille proche, j’ai quelques Rimbaud, Sollers, de Ghelderode qui sommeillent… Sans oublier San Antonio bien évidemment ! Le polar m’a requis comme le théâtre, comme le récit autobiographique, comme la poésie… Sans doute suis-je aussi un homme de combat. Je trouve par exemple (et peut-être a contrario), que l’histoire littéraire a besoin d’être réinventée, restaurée et assistée à différents niveaux du savoir. Je ne peux imaginer un monde qui substituerait une improbable forme de communication à la réserve précieuse de nos bibliothèques. Il n’y a pas plus de littérature virtuelle que de romans de gare. Le monde des livres reste une communauté de pensée et d’émotions, chronologique et nécessaire, aux diagonales complexes et évolutives.

Comment es-tu arrivé sur le sentier de l’écriture ?
Naturellement. Ma gaucherie naturelle a bien failli me mettre hors-jeu ! Mais j’ai été littéralement séduit (et sauvé) par la poésie ! Gamin, j’étais souvent requis pour lire des poèmes devant une classe, devant les parents : “Que sont mes amis devenus ?” ; “Il est sur la cité cinq heures du matin…” Oui, je jubilais en passant l’habit de Rutebeuf, ou celui d’Odilon-Jean Périer. A ces moments-là, je devenais invincible et presque heureux ! Les filles me faisaient tourner la tête. Tantôt amoureux, tantôt évincé, je trouvais alors l’occasion de balbutier mes premiers alexandrins. Je me suis pris pour Rimbaud et crus un moment à la quête du Graal ! Le temps de tourner mes crayons dans ma bouche et je n’étais plus personne… Evidemment ! Plus tard, le roman s’est imposé à moi. Parce que la douleur de vivre était plus longue qu’une simple strophe… Et je me suis raconté, je me suis répété… Je sentis l’anathème du surréalisme et de la dérision fondre sur moi ! Mais toujours la littérature… Le monde absurde fit mon éducation. Je devins un regard après avoir été un œil intérieur ! La découverte de Michel de Ghelderode me rendit fou de joie ! Je le tenais enfin mon prince noir ! L’auteur d’Escurial m’enseigna le culot, la parodie, le rêve… Je grandis dans le rire jaune et le mépris du “paraître” ! Il m’en a fallu du temps ! Mais le chemin en valait la peine. L’univers de la subversion et du discours décalé devint mon viatique. Léo Ferré fit chanter mes oreilles et je vieillis en sa compagnie. L’écriture théâtrale s’imposa à moi de manière évidente : La Cave, Le Chemin d’Amandine, Madame Lazare, Le Pays des murmures… Le polar est une superbe aventure ! Aussi naturellement qu’on passe d’une époque de l’écriture à une autre. C’est ainsi que le mensonge de la forme cède réellement aux nécessités intérieures. J’aime prendre des risques, relever des défis. J’aime détacher les étiquettes qu’on me colle sur le front. Pas de développements digressifs, pas d’anachronismes signifiants. Le polar est une émission en direct. L’auteur est tenu de ne jamais lasser son lecteur et de soutenir les aigus ! Le polar est un mouvement d’humeur, un réflexe, un jeu de piste même (et surtout) si l’intrigue est véhiculée par un glissement des valeurs établies.

Comment présenterais-tu ton livre ?
Comme un vrai bonheur ! Le mien, mais avec une forte envie de partager… Le commissaire Saint- Loup mène l’enquête… Mais il est plus futé dans la recherche d’un coupable que dans la gestion de sa propre vie ! Ce grand pisteur de l’ordre est en réalité un véritable anarchiste ! Pour être bref, je dirais qu’il préfère les femmes à la vérité… Ceci dit, je ne m’assimile à aucun de mes personnages. Mais je ne cache pas ma sympathie pour une créature qui m’appelle. Un homme qui vit plusieurs vies et qui enfreint la déontologie policière autant que les règles sociales, doit nécessairement me plaire ! J’aime que la part cachée d’un individu se cogne aux angles droits de l’éthique ! Et puis voilà les écologistes, chevaliers verts de l’an 2010, sauveurs de la planète bleue, protecteurs de l’environnement ! Mais aussi retors et dangereux que les hommes ordinaires ! Les écolos s’appuient sur les interdits : “Pas de fumée, pas de bouffe grasse, pas de porc, pas de veau, pas de bœuf, pas de voiture…” … Et le plaisir, excellence ? Et puis naissance d’une “police de l’environnement”. Tiens ? Voilà des accents qu’on avait tendance à oublier ! Les interdits, Ferré en parlait aussi : “Poètes, vos papiers ! ” Le commissaire Saint-Loup se méfie des grillades sèches et des parties de campagne. La sauvagerie des hommes porte des masques… Pourquoi pas des masques verts ?

Du poème au polar Roman Policier
______________
« Les Masques verts du Commandeur »
Michel JOIRET
Editeur : Dricot
194 pages
15 euros


Sébastien Binet n'a pas résisté aux sirènes de l'écologie ! Et pourquoi leur résisterait-il ? Les problèmes de la planète engagent la responsabilité de chacun. Mais si le commissaire Saint-Loup se montre circonspect, c'est qu'il n'accorde aux hommes qu'un crédit limité. Lui-même n'est-il pas impliqué - bien malgré lui - dans une affaire de terrorisme international ? Rim, sa maîtresse avait donc un double visage… A vrai dire, si l'autorité fédérale ne s'était pas résignée à ses frasques, il y a longtemps que le sémillant enquêteur aurait reçu une affectation plus administrative… Tout commence à l'occasion du Bal du Rat mort à Ostende. Un avocat quelque peu éméché est tué devant son hôtel. Un crime crapuleux ? Peut-être, mais la présence de cyclistes masqués continue d'intriguer les enquêteurs. D'autant plus qu'un autre meurtre est perpétré en plein Bruxelles, à l'heure de pointe, à deux pas du domicile de Théodore Saint-Loup ! Là aussi, des cyclistes roulant le long des voitures et… des masques verts ! (Résumé de l’éditeur)

 



 

Musicien et écrivain, un double jeu entre notes et mots

Rémi BERTRAND interviewé par la SABAM

 

Musicien et écrivain, un double jeu entre notes et mots Qui est Rémi Bertrand ?
Un jeune homme de 28 ans, qui a grandi près de la maison de Peyo, dans les bois de Marcinelle (du temps où l'on n’y enterrait pas encore de schtroumpfs), qui y a découvert l'ivresse de la bicyclette, le bonheur-bulle de la pâte à sel, la jubilation de la lecture, le labeur-plaisir du piano... une pousse solitaire mais bien entourée, de deux grands frères, d'une mère professeur de latin et d'un père juge de paix, poète à ses heures perdues : troupe habituée notamment du bol d'air pascal à Coxyde, où, en vacances, en enfance, Rémi aurait déjà pu rencontrer Anne, sa future épouse, montoise du “quartier sénégalais” du village côtier, que la vie mit plus tard sur son chemin. Aujourd’hui, à Mons, ils se promènent au milieu des couleurs, des mots et des notes de musique.

Comment es-tu arrivé sur le sentier de l’écriture ?
Par un vrai sentier, puisque j'avais intitulé mon tout premier texte “J'ai vu sur mon chemin...”! C'était le jour de mes dix ans. Mes parents m'avaient offert le Petit Larousse illustré, dont c'était d'ailleurs la première édition en couleur, et je me suis aussitôt plongé dans tous ces mots pour composer un poème animalier, une sorte de bestiaire construit sur le motif du titre (“J'ai vu sur mon chemin un rossignol dans une gondole / un caribou qui avait plein de poux / etc.”). Ce n'était pas Rimbaud, mais c'était un début... Ensuite, la véritable écriture, j'entends par là l'élaboration d'un projet de plus grande ampleur et cohérent de bout en bout, est venue avec la lecture. Jeune adolescent, je lisais de tout, je ne me fixais aucune limite, ma table de chevet était constituée aussi bien d'Amélie Nothomb, Gaston Leroux que d’Albert Camus ou même Georges Bernanos. A 12-13 ans, certains de ces choix peuvent surprendre... C'est aussi vers cet âge que j'ai entrepris l'écriture d'un premier roman, que, heureusement, je n'ai jamais envoyé aux maisons d'édition. Ensuite, à mes tentatives de Petit Prince, j'ai préféré la "petite reine" : il faut dire que le vélo est un peu un virus dans la famille... mais je ne délaissai pas les mots pour autant, puisque je me mis à relater les faits de course de nos sorties cyclo dans un magazine familial que l'arrivée de l'informatique m'aida à créer.

Quel est ton parcours d’auteur ?
Au début de mes études de romanes à Louvain-la-Neuve, je me suis mis à l'écriture et à la composition de chansons. J'en ai d'ailleurs enregistré quelques-unes par la suite, que l'on peut encore écouter sur mon site www.remibertrand.net et sur ma page MySpace. J'ai toujours placé la musique au-dessus de l'écriture, la création d'une mélodie jaillit en moi plus facilement et me procure plus de plaisir que le travail du texte. Au même titre que j'ai cherché à publier mes fictions, j'ai sollicité nombre de labels, mais sans la scène il est très difficile de se faire remarquer. Bref, je n'ai renoué avec l'écriture fictionnelle qu'à travers un séminaire de création littéraire organisé par Vincent Engel dans le cadre de mes études, lequel a débouché sur ma première publication, à l'initiative du département de romanes : Le Gant et autres nouvelles, un recueil collectif dans lequel j'ai publié “Le Gant”. J'ai ensuite consacré mon mémoire à Philippe Delerm, l'auteur de la célèbre Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (1997). Mon travail a tant séduit Delerm qu'il a convaincu son éditeur, Le Rocher, d'en faire un essai, paru en 2005. J'en profitai pour proposer également quelques-uns de mes textes et c'est ainsi que fut édité mon premier roman, La Mandarine blanche, un conte sur l’ “euthanavie”, regard enfantin posé sur un sujet grave. En 2006, Delerm fut invité à diriger “Le goût des mots”, une nouvelle collection sur la langue française publiée aux éditions Points, conçue sur le double principe de l’apprentissage et de la bonne humeur ! Par bonheur, il pensa à me proposer la rédaction d’un volume. Le résultat ? Un bouquin n’est pas un livre, un livre, ou plutôt un bouquin justement, consacré aux nuances des synonymes. Le succès fut au rendez-vous : à ce jour, plus de dix mille lecteurs ont bouquiné ce recueil de chroniques jubilatoires sur des couples de mots tels que vélo/bicyclette, mail/courriel, cigarette/clope… ou encore femme/épouse (dont on a beaucoup cité la distinction : “La femme prend un amant ; l’épouse, un avocat ! ”).

Comment présenterais-tu ton livre ?
En septembre 2009 est sorti mon nouvel opus dans la collection “Le goût des mots”, intitulé : « Un mot pour un autre ». Dénoter ou détoner ? Harde ou horde ? A l'intention de ou à l'attention de ? Prodige ou prodigue ? Perpétrer ou perpétuer ? Collision ou collusion ?…Qui peut prétendre n'avoir jamais pris un mot pour un autre ? Au fil d'une petite trentaine de chroniques à la fois didactiques et ludiques, agrémentées de dessins percutants, je me suis amusé à pousser dans leurs derniers retranchements quelques “paronymes” (et non “patronymes” !), ces mots que l'on confond toujours !

Quelle est sa genèse ?
Pendant la rédaction d’ « Un bouquin n’est pas un livre » est né le désir d’imaginer par la suite un ouvrage qui serait l’inverse de celui que j’étais en train d’écrire… Comment ? Après avoir joué avec les synonymes, mots proches de sens mais qui ne se ressemblent pas, j’ai eu envie de faire la part belle aux paronymes, mots qui se ressemblent mais qui a priori ne partagent pas leur signification. Dans ces deux approches complémentaires, j’ai gardé la même tonalité d’écriture en mêlant l’observation et l’information à l’humour et la bonne humeur ! Par ailleurs, j’ai mis une bonne dose de subjectivité dans mes choix, mon ambition étant aussi de chatouiller des mots trop “installés” à force d’être mis à toutes les sauces par notre société de consommation et de communication, à la fois individualiste et prônant des valeurs soi-disant perdues. Dans ce rayon, citons dédier/dédicacer, personnifier/personnaliser ou original/originel…

Musicien et écrivain, un double jeu entre notes et mots = Bibliographie =
- Un mot pour un autre : les pièges des paronymes, avec des illustrations de l'auteur, Paris, Éditions Points, septembre 2009.
- Désordre intérieur, Agence universitaire de la Francophonie/Festival du Mot, www.l-autre-mot.auf.org/, février 2007.
- Coxyde, Liège, Éditions du Somnambule Équivoque, octobre 2006.
- Un bouquin n’est pas un livre : les nuances des synonymes, illustré par Hervé Tullet, Paris, Éditions Points, septembre 2006.
- La Mandarine blanche, Monaco, Éditions du Rocher, octobre 2005.
- Philippe Delerm et le minimalisme positif, Monaco, Éditions du Rocher, janvier 2005.

© Samuel Nicolaï

 



 

Il a soigné les maux. Aujourd'hui, il soigne les mots.

Benoît COPPEE interviewé par la SABAM

 

Il a soigné les maux. Aujourd'hui, il soigne les mots.


Romancier, conteur, écrivain jeunesse et scénariste, Benoît Coppée explore différentes voies littéraires. Allons sur ses traces...

Qui est Benoît Coppée ?
Je suis un créateur. Je n’arrête pas de créer. Créer une famille, créer des liens, des projets, des entreprises, des dessins, des musiques, des histoires. Créer, le plus possible, avec les moyens du bord, là où je passe, de belles énergies, de belles lignes d’humanité, qui pourront en engendrer d’autres. Pour que la vie circule ! Je pense souvent à cette phrase qui dit “détruire demande autant d’énergie que construire”. Je consacre ma vie à construire, à créer. J’ai travaillé près de quinze ans en hôpital. Dans des services de pédiatrie, de soins intensifs, de dialyse... “Construire ou réparer” l’être humain, masser son cœur avec mes mains, lutter pour que sa vie redevienne belle ou soit belle. J’ai quitté le monde hospitalier il y a une quinzaine d’années pour me consacrer, plein temps, à l’écriture. Une autre façon de soigner. Lorsque j’écris, je prends soin de moi. Je prends soin de mon âme, à pas d’homme, lorsque j’ai parfois le sentiment que le monde et la vie filent un peu trop vite autour de moi. Lorsque j’écris, je prends soin du lecteur. Si dans mes livres, un lecteur peut trouver un rayon de soleil, un bout de lumière, alors, j’ai le sentiment d’avoir bien travaillé. Qu’un lecteur soit touché par une phrase que j’ai pu transmettre, me voilà heureux et accompli.

Comment es-tu arrivé sur le sentier de l’écriture ?
Je suis “un peu” dessinateur, “beaucoup” musicien et “passionnément” écrivain. Poésie, théâtre, scénarios… L’écriture m’est tombée dessus, paf !, sans que je ne puisse y résister. J’ai traversé l’enfance et l’adolescence en écrivant. J’écrivais des pensées, des poèmes, des chansons, des histoires... Tout le temps, toujours, partout… C’était un besoin comme boire et manger. J’ai écrit, bien sûr, avec des stylos ou des crayons mais aussi, lorsque j’étais privé de matériel, avec des morceaux de brique, des bouts de bois ou des allumettes... Certains lisent à la lampe de poche. Moi, j’écrivais à la lampe de poche. L’écriture, c’est un sentier qui s’est présenté à moi. Je n’ai pu que m’y élancer. J’ai beaucoup de chance : J’ai toujours su ce que je voulais être. En 1995, je me suis retourné sur mes écrits. J’avais écrit, un peu à mon étonnement, dix-sept romans inédits. J’ai décidé de porter mon rêve d’écriture plus loin. J’ai décidé de vivre de ma plume. Sur ma route, j’ai rencontré des sagesses qui m’ont découragé. Et d’autres qui m’ont encouragé. Je remercie aujourd’hui ces deux pôles qui me mettaient en garde. Ecrivain, pour autant que ce soit un métier, est un métier à risque : équilibriste, on marche sur un fil à chaque instant. J’ai publié un premier roman en 1999. Et tout s’est enchaîné.

Quel est ton parcours d’auteur ?
L’écriture est plurielle. S’il s’agit de raconter des histoires, les formes d’écriture que l’on peut utiliser sont nombreuses. Poésie, roman, nouvelles, théâtre, chanson, scénario de bande dessinée, scénario de film… toutes ces formes se complètent. Je les pratique toutes. Toutes ces écritures, pour moi, ne forment qu’une seule entité. J’ai commencé à écrire des poèmes. Puis, des chansons. Je les composais en m’accompagnant à la guitare ou au piano. C’est d’ailleurs par la chanson que je suis arrivé à la Sabam, jeune ado, lorsque j’ai franchi les portes de la Société pour la première fois. Ensuite, j’ai commencé à écrire des romans. Puis, des pièces de théâtre pour jeune public essentiellement. Peu à peu, je me suis, en acharné obsessionnel, passionné pour la technique du scénario. Aujourd’hui, mes envies, mes pas et mes mouvements me conduisent à l’écriture de dessins animés ou de scénarios de longs métrages. Mes projets audiovisuels sont encore dans mes laboratoires expérimentaux, au cœur de ma cellule “recherche et développement”. Ils devraient, je l’espère, se présenter au monde d’ici peu. Mon parcours d’auteur m’a permis de travailler avec nombre d’illustrateurs jeunesse. Ils ont tous éveillé en moi la fibre et la sensibilité du rapport texte-image. Je désire rendre un hommage particulier à l’illustrateur Nicolas Viot, mon collaborateur depuis 15 ans. Nous réalisons de grandes choses humaines.

Comment accueilles-tu l’initiative de la SABAM à propos du Mercredi du livre ?
Pour répondre à cette question, j’enfile ma casquette d’administrateur de la Sabam. Les Mercredis du livre, que je soutiens pleinement, tendent à devenir un point de rendez-vous privilégié pour les auteurs, les éditeurs, le public, la presse… Tant du côté francophone que néerlandophone. Ce sont des espaces de rencontres où des informations peuvent circuler, des livres s’échanger, des collaborations s’initier. C’est une façon de transmettre aux auteurs : L’auteur n’est pas seul… Il fait partie d’une famille… Une famille qui peut se tourner avec bienveillance vers chacun de ses membres. La Sabam veille à prendre soin de ses membres à travers l’accueil et l’ouverture de ses locaux, à l’instar du « Café des Auteurs » connu de longue date. Une société d’auteurs est là pour récolter des droits et les répartir. Une société d’auteurs peut être là, aussi, pour générer des espaces de rencontres entre ses membres. Une façon de créer l’émulation et la créativité. Des œuvres nouvelles pourront voir le jour. Des œuvres toujours plus adaptées au monde. Toujours plus riches de liens choraux. Toujours plus précises. Les Mercredis du livre pour promotionnels qu’ils puissent éventuellement paraître ont, à mon sens, une finalité toute simple : générer la vie et… des droits d’auteur !

 



 

Françoise Houdart, l'invitée du dernier Mercredi du Livre

Présentation du 4 mai 2011

 

Françoise Houdart, l'invitée du dernier Mercredi du Livre Depuis décembre 2009, un mercredi par mois à la Sabam est consacré à la promotion des auteurs littéraires et des jeunes plumes belges. Françoise Houdart était l'invitée du "Mercredi du Livre" du mois de mai.

Qui est Françoise Houdart?
Françoise Houdart, femme, épouse, amante, amie, soeur, mère, grand-mère, enseignante, porteuse de flambeaux, passeuse de mémoire, gardienne du feu… Toutes ces figures de femme, l’écrivaine les garde en ses alvéoles. L’une s’échappe parfois, mais y revient.Françoise Houdart, c’est une entité complexe qui dort peu et mal, se nourrit de rien, respire par saccades, marche au ras de ses larmes et se brûle les yeux aux lampes tardives de l’écriture. Que dire encore ? Une femme de son temps qui erre entre les époques à la recherche d’enfants perdus qu’elle croyait avoir mis au monde, d’amours perdues qu’elle croyait avoir connues, de temps perdu qu’elle croyait avoir vécu. Une femme qui écrit. Tout simplement.

Françoise Houdart raconte de quelle façon elle est arrivée sur le sentier de l'écriture...
C’est d’être traitée comme une menteuse par ma mère, confrontée quotidiennement aux lubies de mon imagination censées justifier mes absences, mes retards, mes mauvaises notes à l’école ou mes disparitions en quelque coin de la maison connu de moi seule, qui me poussa probablement dans le chemin de l’écriture, confie l'auteure. J’aurais pu m’assagir ou du moins me contenter des versions certifiées exactes de la vérité. Mais quel ennui ! La vérité que j’inventais était plus complexe, plus colorée, plus stressante. J’avais déjà besoin d’avoir peur, d’avoir mal. J’ai épargné la patience de ma mère en me mettant à écrire. Ces précieux petits cahiers d’enfant ont disparu, hélas, victimes des habitudes maternelles de faire “table rase” des résidus du passé. Ma première véritable expérience littéraire, je l’ai vécue vers 15 ans. Quelques uns de mes poèmes avaient été publiés dans la page réservée aux enfants dans le journal Le Soir (1962-63 ?). C’est là que je crois avoir perçu les immenses champs/chants de liberté que l’écriture pouvait m’offrir : une vie à composer comme un tableau, avec des mots qui allaient tellement plus loin que ce que je n’imaginais jamais pouvoir être ou vivre, la désobéissance sans autre effet que de la savourer, l’enivrante jouissance d’écrire des mots bannis de mon quotidien sous surveillance rapprochée, les mots d’un corps qui refusait de grandir, de mûrir. Mais le véritable révélateur de ma nature d’écrivain fut mon jeune prof de poésie en classe de cinquième – Dix-sept ans… La sève est du champagne et vous monte à la tête… - ; un fou de Rimbaud pour qui j’écrivais des extrapolations poétiques de dix pages…

Françoise Houdart entame son parcours littéraire par des recueils de poésies, s’essaye ensuite à la prose poétique, au romans, aux nouvelles, contes et textes à dire et à entendre… Tout ce que j’ai écrit reste important à mes yeux. Il m’arrive souvent d’ouvrir au hasard un de mes livres et d’en relire une page. Je les redécouvre autrement, avec la maturité et la lucidité de ma vie qui avance.

Invitée au "Mercredi du Livre" du mois de mai organisé par la Sabam, Françoise Houdart a retracé son parcours, parlé de sa vie et présenté son dernier roman, le treizième, "L'amie slovène" qui vient juste de sortir.

Françoise Houdart, l'invitée du dernier Mercredi du Livre Roman
L'amie slovène
Editions Luce Wilquin
14 x 20,5 cm
256 pages
21 euros

© Françoise Houdart

 



 

May  2013
Mon Tue Wed Thu Fri Sat Sun
  1
1 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
2
2 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
3
3 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
4
4 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
5
5 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
6
6 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
7
7 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
8
8 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
9
9 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
10
10 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
11
11 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
12
12 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
13
13 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
14
14 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
15
15 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
16
16 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
17
17 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
18
18 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
19
19 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
20
20 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
21
21 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
22
22 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
23
23 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
24
24 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
25
25 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
26
26 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
27
27 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
28
28 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
29
29 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
30
30 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
31
31 May 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
June  2013
Mon Tue Wed Thu Fri Sat Sun
     1
1 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
2
2 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
3
3 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
4
4 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
5
5 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
6
6 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
7
7 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
8
8 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
9
9 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
10
10 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
11
11 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
12
12 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
13
13 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
14
14 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
15
15 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
16
16 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
17
17 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
18
18 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
19
19 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
20
20 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
21
21 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
22
22 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
23
23 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
24
24 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
25
25 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
26
26 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
27
27 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
28
28 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
29
29 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture
30
30 June 2013

  • 1348 Louvain-la-Neuve : Atelier de lecture et d'écriture

Rubrique du Saturday, May 25, 2013

Concours

CONCOURS ! Déclarez par écrit votre flamme au papier...

CONCOURS ! Déclarez par écrit votre flamme au papier...

Inscrivez-vous
à notre newsletter


Qui sommes-nous ?

Le site « Je lis dans ma commune » héberge une communauté virtuelle informative et interactive pendant toute l’année. Nous développons des outils que les acteurs...     lire la suite

Pourquoi pas vous ?